Monnaie unique de l’AES : mise en circulation pas imminente
Le ministère malien de l’Économie et des Finances a formellement démenti, mardi 27 janvier, la diffusion d’un faux communiqué affirmant le « lancement imminent » d’une monnaie unique au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) et la mise en circulation, au premier semestre 2026, d’un nouvel instrument monétaire destiné à remplacer le franc CFA. Des messages largement partagés sur les réseaux sociaux attribuaient cette annonce au ministre Alousseini Sanou; Bamako qualifie ces informations d’« inexactes » et appelle à la prudence face à la circulation de ces publications.

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Dans une note officielle signée par le secrétaire général Abdoulaye Traoré, le département des Finances indique avoir pris connaissance de la diffusion sur plusieurs plateformes numériques d’une prétendue feuille de route relative à l’adoption d’une monnaie commune dans l’espace confédéral. Le communiqué précise qu’aucune communication n’a été émise par le ministère annonçant la mise en circulation imminente d’une monnaie commune ni la finalisation d’un calendrier opérationnel en ce sens.
Le ministère rappelle par ailleurs que les décisions et orientations touchant aux États membres de la Confédération des États du Sahel s’inscrivent dans des cadres institutionnels établis et suivent des canaux officiels, ajoutant que toute information officielle fera l’objet de communiqués explicites. Les autorités ont donc invité les médias et le grand public à se référer uniquement aux sources institutionnelles pour toute information relative à l’AES.
Démentis répétés, création d’une banque confédérale et contexte politique
Ce démenti s’inscrit dans une série d’annonces publiques similaires déjà délivrées par Bamako. Les autorités maliennes, qui ont exercé la première présidence tournante de la Confédération, ont maintes fois nié des rumeurs similaires, alors que la question d’un remplacement du franc CFA demeure un sujet fréquent des débats politiques et médiatiques dans la région.
En décembre dernier, les chefs d’État membres de l’AES, lors d’un sommet tenu à Bamako, ont acté la création d’une Banque confédérale pour l’investissement et le commerce (BCID) avec un capital initial annoncé à 500 milliards de francs CFA. Cette initiative institutionnelle a été présentée comme un outil de coopération économique au sein de la Confédération, sans, toutefois, détailler un calendrier précis pour une éventuelle réforme monétaire.
Les rumeurs de lancement d’une monnaie commune réapparaissent régulièrement et alimentent les attentes comme les inquiétudes. Dans les trois pays sahéliens concernés par les interrogations les plus vives — le Niger, le Mali et le Burkina Faso —, une partie de l’opinion publique voit dans un abandon du franc CFA un symbole d’émancipation économique. Mais, jusqu’à présent, aucun calendrier opérationnel officiel n’a été rendu public par les instances de l’AES.
Les autorités maliennes ont aussi salué la vigilance des citoyens et leur coopération dans la lutte contre la désinformation, tout en réaffirmant leur attachement à une communication responsable. Le gouvernement a demandé aux organes de presse et aux internautes de privilégier les communiqués institutionnels pour éviter la diffusion d’informations non vérifiées et potentiellement déstabilisantes
Les démentis successifs et la multiplication des publications non vérifiées contribuent à entretenir un climat d’incertitude autour des perspectives monétaires dans l’espace confédéral, où le débat sur la souveraineté monétaire reste vivace et où la rupture récente des relations avec la France par plusieurs des États concernés a renforcé les attentions sur les questions financières et

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