Minéraux critiques : Madagascar mise sur quotas et parc industriel pour la transformation locale
À la conférence Africa Down Under, en Australie, le ministre des Mines Carl Andriamparany a présenté une stratégie de quotas de production et un parc industriel pour développer la transformation locale du graphite, du nickel, du cobalt et des terres rares.

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Madagascar veut transformer sa richesse en minéraux critiques en argument pour attirer des investissements dans leur transformation locale. Lors de la conférence Africa Down Under, qui s’est tenue à Perth, en Australie, la semaine précédente, le ministre malgache des Mines, Carl Andriamparany, a présenté une stratégie reposant sur des quotas de production réservés à l’industrie locale et sur la création d’un parc industriel minier.
Premier producteur africain de graphite en 2024 et en 2025, avec une production estimée à 80 000 tonnes par l’agence américaine de géologie USGS, Madagascar produit également du nickel et du cobalt, et prépare l’ouverture de nouvelles mines de terres rares. Le secteur minier pèse 4,6 % du produit intérieur brut du pays, mais représente 49,2 % de ses exportations.
La stratégie présentée par Carl Andriamparany prévoit de réserver jusqu’à 30 % de certaines productions minières aux industries locales, un plafond fixé par un décret d’avril s’appuyant sur le code minier de 2023, qui autorise l’État à déterminer la part des substances stratégiques devant rester dans le pays. Les substances concernées sont le graphite, les terres rares, le cobalt, le cuivre et le lithium.
Pour inciter à la transformation intégrée sur place, le gouvernement prévoit un abattement fiscal de 30 % sur les droits et taxes, contre 5 % habituellement. Cette politique s’inscrit dans le Pacte pour l’industrialisation adopté en 2023, qui vise à porter la part du secteur secondaire dans le PIB de 15 % à 30 % d’ici 2040.
Plusieurs projets miniers en cours de développement
Sur le terrain, plusieurs projets illustrent cette ambition. Le site Vara Mada, porté par l’américain Energy Fuels, produit déjà un concentré de monazite. Le projet Molo, développé par le canadien NextSource, fait l’objet d’une étude de faisabilité portant sur 150 000 tonnes de concentré par an. Le site industriel d’Ambatovy, à Toamasina, raffine pour sa part du nickel et du cobalt à une pureté de 99,9 %. Le groupe chinois Tsingshan a également proposé un investissement de plusieurs milliards de dollars.
Un moratoire minier levé en janvier après seize ans
Cette offensive diplomatique fait suite à la levée, en janvier, d’un moratoire sur l’octroi de permis miniers en vigueur depuis seize ans. Hors le cas d’Ambatovy, l’essentiel de l’insertion de Madagascar dans les filières du graphite, du nickel et du cobalt reste toutefois concentré, à ce stade, dans la seule extraction.



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