Michel Polnareff : le duplex presque vide de Neuilly où il faisait de la moto
3 juillet 2026 : Michel Polnareff fête ses 82 ans. Figure majeure de la chanson française, auteur de tubes tels que La Poupée qui fait non, il est aussi connu pour un parcours personnel marqué par des choix de vie atypiques — parmi eux, un duplex à Neuilly-sur-Seine au début des années 1970, célèbre pour son intérieur dépouillé et pour l’anecdote de la Harley‑Davidson démarrée dans le salon.

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Les photographies prises en 1972 restituent un intérieur très éloigné des codes du luxe de l’époque : vastes volumes, mobilier peu présent et couleurs vives — murs orange, moquette rouge — qui reflétaient l’esthétique des années 1970. Après avoir quitté un petit studio à Montmartre, l’artiste a investi ce duplex, qu’il a transformé en espace de création et de vie.
Dans ce cadre quasi minimaliste, Polnareff travaille et expérimente. Il y compose, joue de l’orgue la nuit et affirme un style vestimentaire extravagant, en adéquation avec l’atmosphère bohème de son logement. L’une des anecdotes les plus marquantes reste la présence de sa moto : il la faisait démarrer dans le salon, un comportement qui amusait certains proches mais gênait régulièrement les voisins.
Du duplex de Neuilly à l’exil californien
La période faste s’interrompt brutalement en 1973. À son retour d’une tournée internationale, Michel Polnareff découvre une situation financière catastrophique : son homme de confiance, Bernard Seneau, est accusé d’avoir détourné plusieurs millions de francs. Le chanteur apprend alors que des biens qu’il croyait posséder — notamment son logement et sa voiture — avaient en réalité été loués avec ses propres fonds et que des impôts n’avaient pas été acquittés.
Les conséquences sont immédiates et lourdes : dettes fiscales importantes et procédures judiciaires qui s’étendront sur plusieurs années. Ces procédures aboutiront ultérieurement à la reconnaissance de sa non-responsabilité, selon les éléments rapportés. La même année, Polnareff perd sa mère, et ces événements successifs provoquent chez lui une profonde dépression.
Après une cure de sommeil, il opte pour un départ hors de France. Le 12 octobre 1973, il quitte l’Hexagone pour les États-Unis — voyage effectué en bateau en raison d’une peur prononcée de l’avion. Après quelques mois passés à New York, il s’installe durablement à Los Angeles, où il trouve un mode de vie différent, propice à sa reconstruction personnelle et artistique.
Installé en Californie, le chanteur continue d’enregistrer et de publier des albums tout au long des années 1970 et 1980, signant notamment les titres Goodbye Marylou, Radio et Tam Tam. La nostalgie de la France inspirera plus tard des chansons comme Lettre à France. Plus de cinquante ans après son départ précipité, la Californie demeure son point d’ancrage.
À 82 ans, Michel Polnareff vit toujours en Californie.



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