Mali : un activiste et un journaliste condamnés à de la prison ferme
La justice malienne a condamné lundi 3 août un journaliste et un activiste, tous deux déjà détenus. Les deux hommes étaient poursuivis dans des affaires distinctes, notamment pour « atteinte au crédit de l’État » ainsi que pour « menaces et injures ».

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Chahana Takiou, directeur de publication du journal 22 Septembre, a écopé d’un an de prison, dont six mois avec sursis. Il comparaissait devant le pôle national de lutte contre la cybercriminalité après avoir critiqué les autorités lors d’un forum des médias organisé en juin à Bamako.
« Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali », avait-il déclaré publiquement, en dénonçant l’usage de la loi sur la cybercriminalité contre des journalistes. Selon lui, les professionnels des médias arrêtés devraient être jugés au titre du régime de la presse et des délits de presse en vigueur dans le pays.
Lors d’un autre débat, Chahana Takiou avait également affirmé que le journalisme était le même « sous tous les cieux ». Il avait rejeté l’existence d’un prétendu « narratif souverain africain », estimant que celui-ci ne se distinguait pas davantage d’un narratif européen ou maghrébin.
Un activiste condamné
Le second condamné, Adama Ben Diarra, dit Ben Le Cerveau, est une figure connue du soutien au pouvoir militaire malien. Il s’était notamment illustré par ses prises de position contre la France et la Mission de l’ONU au Mali, tout en défendant le rapprochement avec la Russie.
Ses démêlés judiciaires ont commencé après un appel au retour à l’ordre constitutionnel. Arrêté en septembre 2023, il avait été condamné dans une première affaire à deux ans de prison, dont un an ferme.
L’activiste était poursuivi dans un second dossier pour « menaces et injures ». La chambre criminelle de Bamako l’a condamné lundi à cinq ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis.
Ces condamnations interviennent dans un contexte de fortes tensions entre les autorités de transition et une partie des journalistes, militants et responsables politiques maliens. Le pouvoir militaire, arrivé au pouvoir à la faveur de deux coups d’État en 2020 et 2021, défend régulièrement une ligne de rupture avec les partenaires occidentaux et revendique une plus grande souveraineté nationale.


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