Mali : l’Aïd el-Fitr célébré dans la morosité
Le Mali a célébré, ce 19 mars 2026, l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de ramadan, mais la fête a été assombrie par une crise énergétique provoquée par un embargo sur les carburants imposé par le groupe jihadiste Jnim.

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Depuis septembre dernier, les livraisons de carburant sont erratiques et nettement insuffisantes sur l’ensemble du territoire, une situation qui pèse également sur la production et la distribution d’électricité.
Les autorités de la transition ont tenté d’atténuer les effets de cette crise : le 18 mars, plus de 780 camions-citernes sont entrés à Bamako sous escorte militaire, selon un communiqué officiel, donnant un répit partiel après plusieurs semaines de pénurie de gasoil.
Conséquence immédiate pour certains quartiers de la capitale : le courant, qui ces derniers mois ne dépassait guère sept heures quotidiennes, a été rétabli depuis la soirée de mercredi ou tôt jeudi matin dans plusieurs secteurs, permettant à des foyers de vivre la rupture du jeûne dans de meilleures conditions matérielles.
Ambiance partagée entre soulagement matériel et inquiétudes quotidiennes
Malgré ces mesures, l’état d’esprit reste loin de l’euphorie. À Bamako, des habitants confient qu’ils ont surtout pu rompre le jeûne, mais que la « vraie » fête est mise à l’écart par la précarité : manque d’argent pour acheter viande et habits, multiplication des demandes d’aide et moral en berne.
À Koutiala, à quelque 300 km à l’est de la capitale, la tension économique se fait également sentir. Si l’électricité a été présente dans tous les quartiers pendant le jour de fête — contrairement aux coupures rotatives habituelles — l’absence d’essence dans les stations pousse nombre de personnes vers le marché parallèle, où le litre se négocie parfois deux à trois fois au-dessus du tarif habituel.
À Mopti, plus au nord-est, les prix des bovins destinés au sacrifice ont grimpé fortement. Des interlocuteurs locaux soulignent aussi que, cette année, les distributions habituelles de certaines ONG se sont raréfiées, contribuant au sentiment que c’est l’une des célébrations les plus moroses depuis plusieurs années.



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