La Russie contribue à déjouer une attaque contre le Niger

Orano, le groupe nucléaire français, a perdu le contrôle opérationnel de la mine d’uranium de SOMAIR au Niger, et ni les stocks ni le statut de l’activité n’ont été stabilisés depuis l’intervention des autorités nigériennes : la coentreprise a été annoncée comme nationalisée en juin 2025, et des tensions juridiques et commerciales s’en sont suivies.

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Selon les communiqués publics, Orano a indiqué en décembre avoir été écarté de la gestion du site, en raison de problèmes de gouvernance et d’une ingérence croissante des autorités nigériennes, qui avaient pris le contrôle du site. La situation s’est aggravée en juin 2025 lorsque Niamey a officiellement annoncé la nationalisation de la coentreprise d’uranium de SOMAIR, gérée jusque-là majoritairement par Orano.

Un mois plus tard, le groupe français a déclaré que sa coentreprise au Niger, dont il détenait la majorité des parts, était « au bord de la faillite ». En octobre, Orano a précisé qu’environ 1 500 tonnes d’uranium restaient stockées dans la mine expropriée et a averti qu’elle demanderait des indemnités et engagerait des poursuites pénales si ces matériaux étaient prélevés ou vendus sans autorisation.

Enjeux juridiques, économiques et sécuritaires autour des stocks d’uranium

Les tensions sur le terrain se doublent de recours juridiques multiples. Un organe d’arbitrage de la Banque mondiale a déjà ordonné au Niger de cesser le commerce d’uranium provenant de la mine de SOMAIR, ce qui ajoute une contrainte légale à la controverse sur la possession et la commercialisation des stocks présents sur le site. Orano s’appuie sur ces décisions et sur ses droits de propriétaire majoritaire pour contester toute opération non autorisée sur les matières entreposées.

Parallèlement aux contentieux entre la société et l’État nigérien, des négociations internationales et des inquiétudes diplomatiques ont émergé. En novembre, la France a fait part de sa préoccupation à la suite d’informations selon lesquelles la junte militaire au pouvoir au Niger discutait de la vente d’environ 1 000 tonnes d’uranium à la société nucléaire d’État russe Rosatom, transaction évoquée pour une valeur d’environ 170 millions de dollars.

Les autorités françaises ont mis en avant des risques sécuritaires liés au transport et au commerce de ces matières sensibles, soulignant la vulnérabilité des convois dans une région marquée par la présence de groupes armés. Le transport de minerais d’uranium depuis le nord du Niger vers des débouchés extérieurs soulève des questions logistiques et de sûreté particulières, compte tenu de la capacité d’acteurs non étatiques à intercepter ou à détourner des cargaisons en transit à travers le Sahel.

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