La reine acclamée au balcon de Buckingham pour les 70 ans de règne
La reine Élisabeth II, âgée de 96 ans, est apparue jeudi 2 juin sur le balcon du palais de Buckingham, acclamée par des dizaines de milliers de personnes réunies pour marquer le jubilé de platine célébrant 70 ans de règne. Cette apparition, rare en public en raison de son état de santé, s’est déroulée au premier jour des quatre jours de festivités et a vu la souveraine entourée de dix-sept membres de la famille royale, dont le prince Charles et le prince William.

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Vêtue d’un ensemble bleu tourterelle et s’appuyant sur une canne, la reine est sortie sur le balcon mondialement connu du palais. Elle était accompagnée d’Edward, duc de Kent, colonel des Scots Guards, qui a salué les participants du défilé militaire annuel du « salut aux couleurs ». La présence de la monarque, confirmée la veille par le palais, était particulièrement attendue en raison de l’annulation de la plupart de ses apparitions officielles depuis une hospitalisation en octobre 2021.
Plus tard, Élisabeth II est revenue sur le balcon pour assister au survol de la Royal Air Force, en compagnie des membres de la famille ayant des fonctions officielles et de leurs enfants. Le prince Harry et son épouse Meghan, absents du balcon, ont assisté à la parade discrètement depuis un autre bâtiment lors de leur premier retour conjoint au Royaume‑Uni depuis leur départ en Californie en 2020. Le prince Andrew, lui, ne participait pas, après avoir réglé une plainte civile pour agressions sexuelles.
« Se réinventer »
Une foule dense, brandissant drapeaux et portraits de la reine, s’est massée le long du Mall, l’avenue menant au palais. Parmi les personnes présentes, Peter a déclaré à l’AFP : « C’est une journée unique, cela ne se reproduira pas tant que je serai vivant : 70 ans sur le trône ». Mark Cornell, venu du nord de l’Angleterre, a estimé que la monarchie devait « se réinventer pour les nouvelles générations », sans pour autant se présenter comme un partisan inconditionnel.
À cheval, les princes Charles et William ont défilé en tenue rouge traditionnelle, coiffés du long bonnet en poils d’ours, lors de la parade qui réunissait plus de 1 200 soldats et des centaines de musiciens. Camilla et Kate sont arrivées en carrosse accompagnées des trois enfants de cette dernière, le prince George, la princesse Charlotte et le prince Louis. La présence des héritiers sur ce parcours solennel illustre le rôle croissant du prince Charles dans les engagements publics.
Au fil des célébrations, la reine a adressé un message écrit appelant à la réflexion sur les 70 années de règne et à « regarder l’avenir avec confiance et enthousiasme ». Les félicitations ont afflué de l’étranger, le président français Emmanuel Macron saluant son « dévouement » et l’amitié franco‑britannique, tandis que le Sinn Féin a rappelé le rôle de la souveraine dans le processus de paix en Irlande du Nord.
Les festivités prévoyaient ensuite l’allumage à distance d’une sculpture en forme d’arbre de 21 mètres devant Buckingham, une messe vendredi, un concert géant samedi et des rassemblements populaires, dont des pique‑niques géants dimanche, ainsi qu’une instinctive respiration collective après les années marquées par le Brexit, les confinements et la flambée des prix.
Confirmées seulement mercredi soir par le palais, les apparitions de la reine, devenues rares, sont très attendues. Sa santé inquiète : depuis une nuit à l’hôpital en octobre, elle a annulé quasiment toutes ses apparitions officielles.
Affaiblie depuis la mort de son époux Philip l’an dernier, elle a du mal à marcher. Elle ne montre cependant aucune volonté d’abdiquer et a fait plusieurs apparitions surprises récemment, souriante et détendue.
Au Royaume‑Uni, la reine reste très aimée de ses sujets avec 75 % d’opinions favorables selon l’institut YouGov, mais son héritier Charles est bien moins apprécié (50 %). Seuls 39 % des Britanniques pensent que l’institution existera encore dans 100 ans.

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