La Mauritanie intensifie ses semis aériens pour freiner la désertification
La Mauritanie a lancé ces derniers jours une nouvelle campagne de semis aériens destinée à restaurer son couvert végétal. Quelque trois tonnes de graines d’arbres ont été dispersées dans des zones réparties sur neuf régions du pays.

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Cette opération vise à lutter contre la désertification, qui touche environ 84 % du territoire mauritanien. Le phénomène est alimenté par des épisodes de sécheresse sévère, aggravés par le changement climatique, mais aussi par les activités humaines.
Le surpâturage, les défrichements agricoles et la coupe du bois destiné à la production de charbon fragilisent les sols. Dans plusieurs régions, ces pratiques réduisent la végétation et accélèrent l’avancée des zones désertiques.
Les autorités mauritaniennes présentent la reconstitution du couvert végétal comme une priorité environnementale. Elles privilégient des espèces capables de résister aux conditions des régions arides et semi-arides.
Des graines qui nécessitent un suivi
Le recours à des espèces adaptées à la sécheresse constitue une approche pertinente, selon Jean-Luc Chotte, président du comité scientifique français de la désertification et directeur de recherches émérite à l’Institut de recherche pour le développement. Mais l’épandage des graines depuis un avion ne garantit pas à lui seul la réussite de l’opération.
Une fois déposée au sol, la graine doit être suffisamment protégée du vent pour pouvoir germer. Elle a ensuite besoin d’eau, puis d’un suivi attentif afin que les jeunes pousses ne soient pas détruites par le bétail ou les animaux sauvages.
La protection des plants est particulièrement importante dans les zones de parcours, où les troupeaux se déplacent librement. Sans surveillance sur le terrain, une partie des semences risque ainsi de ne pas parvenir au stade de l’arbre.
La Mauritanie mène des campagnes de semis aériens depuis plusieurs années. Le ministère de l’Environnement affirme régulièrement que ces opérations donnent des résultats encourageants, sans toutefois publier de données précises sur le nombre d’arbres ayant survécu.


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