Abou Sangaré, César 2025, de retour au cinéma après un passage sur les chantiers
Abou Sangare, révélé par L’Histoire de Souleymane et sacré au César de la meilleure révélation masculine en 2025, dénonce publiquement les limites du milieu du cinéma français tout en retrouvant un travail manuel loin des tapis rouges.
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Découvert grâce à son rôle dans L’Histoire de Souleymane, l’acteur d’origine guinéenne a vu sa notoriété amplifier après une récompense à Cannes et le César 2025. Ces distinctions laissaient entrevoir une trajectoire ascendante vers des rôles plus réguliers et une visibilité durable au sein du septième art français.
Pourtant, la réalité quotidienne d’Abou Sangare s’est éloignée des cérémonies : l’ancien mécanicien a repris des missions sur des chantiers et des emplois liés à la location d’outillage, contrastant avec l’image médiatique. L’acteur met en cause des obstacles administratifs et les difficultés d’accès à des réseaux professionnels fermés qui, selon lui, limitent la transformation d’un coup de projecteur en carrière durable.
Une critique virulente envers le milieu du cinéma
Au lendemain de la cérémonie des César de février 2026, Abou Sangare s’est exprimé sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation de sa reconnaissance. Dans une story Instagram, il a qualifié son sacre de « geste politique au rabais », accusant certaines institutions de créer des figures symboliques sans garantir des débouchés concrets pour les artistes concernés.
Il a pointé du doigt les circuits de financement et de casting, estimant que « les financements circulent entre les mêmes producteurs, les castings passent par les mêmes agents ». Ces propos visent à mettre en lumière, selon lui, un manque de diversité réelle dans l’attribution des rôles principaux et dans les logiques de production.
Une vidéo partagée sur TikTok, où on le voit aux commandes d’un engin de chantier, accompagne ses critiques : « Voilà, c’est ce que j’ai fait comme travail du cinéma ». Cette image illustre, selon le comédien, le fossé entre la visibilité médiatique et la réalité économique que connaissent certains artistes après une récompense.
Sur le plan administratif, Abou Sangare est arrivé en France à 16 ans et a été formé en mécanique poids lourds. Il a affronté des refus de régularisation qui ont freiné sa capacité à enchaîner les projets. L’obtention récente de son titre de séjour lui permet désormais de travailler légalement, mais la période d’attente a retardé son retour effectif sur les plateaux.
Plusieurs réalisateurs se sont montrés intéressés par son profil ; notamment un projet de biopic évoqué avec Ladj Ly n’a pu aboutir immédiatement. Le comédien intègre désormais le casting de L’Or Rouge, premier long-métrage du cinéaste belge Mathieu Volpe, coproduit par les frères Dardenne, qui aborde le quotidien et l’intégration des exilés africains en Europe.
Le tournage de L’Or Rouge débute le 3 août et marque le retour de l’acteur devant la caméra.


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