Patrick Bruel vs le Front national : il a imaginé Jean‑Marie chanter « Yabibi halil »

Patrick Bruel voit son concert du 8 octobre 2026 au Zénith de Paris affiché complet malgré des accusations de viols et d’agressions sexuelles portées à son encontre, accusations qu’il conteste. L’artiste rappelle sa présomption d’innocence et affirme qu’il se défendra devant la justice.

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Les poursuites et les plaintes récentes alimentent l’attention médiatique autour du chanteur et comédien. Dans ses déclarations publiques, Patrick Bruel réfute les faits qui lui sont reprochés et insiste sur le cadre judiciaire pour trancher ces allégations.

Né le 14 mai 1959 à Tlemcen en Algérie française, Patrick Bruel a construit une carrière doublement visible : la chanson et le cinéma. Figure majeure de la scène française depuis la fin des années 1980, il a connu une popularité massive au début des années 1990 — souvent qualifiée de « Bruelmania » — et a enchaîné des albums certifiés disques de diamant. Acteur, il a tenu des rôles remarqués dans des films tels que Le Prénom et L’Union sacrée. Il est par ailleurs connu pour sa pratique professionnelle du poker et est père de deux enfants issus de son mariage avec l’écrivaine Amanda Sthers.

Une prise de position publique et durable contre le Front national

Au-delà de sa carrière artistique, Patrick Bruel s’est régulièrement exprimé sur la scène politique, en particulier contre le Front national et son ancien président Jean‑Marie Le Pen. Dès la période de la Bruelmania, il a utilisé sa notoriété pour mobiliser, notamment auprès des jeunes électeurs.

En 1991, invité de l’émission 7 sur 7 présentée par Anne Sinclair sur TF1, il a appelé les jeunes à aller voter, estimant que l’abstention favorisait la progression des idées qu’il combattait. Le quotidien Le Monde a alors souligné que Bruel employait son influence pour défendre des idées plutôt que pour soutenir un parti précis.

Au milieu des années 1990, il a traduit ces convictions en actes : en 1995, il a annulé plusieurs concerts prévus dans des villes administrées par le Front national. Ce choix, très commenté à l’époque, a été revendiqué publiquement par l’artiste qui expliquait ne pas vouloir se produire dans des contextes politiques qu’il désapprouvait.

Sur les plateaux télévisés, ses prises de parole ont parfois pris un ton plus léger. En 2006, invité de Tout le monde en parle sur France 2, il a répondu à une question de Laurent Baffie par une boutade en imaginant « Jean‑Marie en train de chanter « Yabibi halil » », en référence à son titre Au café des délices. La séquence, accueillie dans le rire, illustre la constance de sa position publique.

Lors de la même émission, il a qualifié comme sa « pire victoire » la décision de ne pas chanter dans les villes dirigées par le Front national, ajoutant : « Je pense aujourd’hui que j’ai eu raison de ne pas le faire. »

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