La France ordonne l’expulsion de Xenia Fedorova, propagandiste russe et ex-journaliste de CNews
La France a pris la décision d’ordonner l’expulsion de Xenia Fedorova, ancienne journaliste ayant collaboré avec la chaîne CNews, pour des raisons liées à la diffusion de discours qualifiés de désinformation et à la menace qu’elle représenterait pour l’ordre public. Cette mesure administrative, révélée par Libération et confirmée par Le Figaro, cible une personnalité médiatique soupçonnée de servir de relais aux campagnes d’influence orchestrées par le Kremlin. Xenia Fedorova, autrefois à la tête de RT France, est accusée de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État français en promouvant des narratifs susceptibles de déstabiliser la société française.

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CNews, chaîne d’information en continu diffusée sur plusieurs plateformes, est bien connue pour son orientation éditoriale marquée à droite et sa couverture régulière des grandes actualités nationales et internationales. Depuis sa création en 1999 sous le nom d’i Télé et son renommage en 2017, la chaîne s’est imposée comme un acteur important du paysage médiatique français. L’implication de Xenia Fedorova dans ce média ainsi que son passé au sein de RT France soulignent la complexité de sa position entre journalisme et influence politique étrangère, ce qui alimente les débats autour de cette mesure d’expulsion.
La préfecture de police de Paris aurait officiellement remis à l’avocat de la journaliste un arrêté ministériel d’expulsion, mettant en avant que sa présence sur le territoire national est perçue comme une “menace particulièrement grave et actuelle” pour l’ordre public. En agissant de la sorte, les autorités françaises entendent limiter ce qu’elles considèrent comme la propagation d’un discours destiné à manipuler l’opinion publique et à saper la confiance des citoyens dans leurs institutions.
Un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes
L’arrêté d’expulsion précise que Xenia Fedorova agit en tant que relais de campagnes de désinformation orchestrées par les autorités russes. Selon les textes consultés par Libération, son comportement nuit gravement aux intérêts fondamentaux de l’État français. Elle serait activement impliquée dans la diffusion d’un discours visant à déstabiliser l’ordre public en insistant sur des narratifs conflictuels et en contribuant à semer le doute au sein de la société.
La justification de cette mesure repose sur l’idée que la journaliste déploie des stratégies d’influence agressives à travers ses interventions médiatiques, avec l’objectif de fragiliser la cohésion sociale et politique en France. L’arrêté met également en avant son rôle dans la diffusion de messages visant à manipuler l’opinion publique, notamment en s’attaquant à la confiance que les citoyens peuvent avoir dans les institutions européennes et françaises.
Cette décision gouvernementale s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les campagnes de désinformation étrangères, particulièrement celles émanant de Russie, dans un climat géopolitique marqué par la tension entre Moscou et l’Occident. La mesure d’expulsion illustre ainsi la volonté des autorités françaises d’agir face à ce qu’elles perçoivent comme des tentatives d’ingérence dans le débat public national.
Une demande d’expulsion qui fait débat
La décision d’expulser Xenia Fedorova suscite un vif débat au sein de la société française. Sur les réseaux sociaux, certains internautes soutiennent la mesure, estimant qu’elle est justifiée pour protéger l’ordre public et éviter la propagation de messages dangereux. Toutefois, une importante partie des commentaires émet des réserves, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une application inégale de la loi.
Plusieurs voix critiques rappellent notamment que d’autres personnes, considérées comme potentiellement dangereuses, notamment des individus fichés S ou des personnes sous le coup d’ordres de quitter le territoire français (OQTF), ne sont pas expulsées avec la même rigueur. Des commentaires sur X, anciennement Twitter, évoquent ainsi une forme de « deux poids, deux mesures » dans la politique migratoire et sécuritaire française. Certains reprochent à l’État français de ne pas agir avec la même fermeté envers toutes les catégories de personnes mettant prétendument en danger la société.
Ces réactions illustrent la polarisation autour des questions de sécurité, de liberté d’expression et de gestion des influences extérieures dans les médias. Elles mettent en lumière la complexité des équilibres à trouver dans un État démocratique face à des enjeux de sécurité nationale et de protection de l’intégrité de l’espace public.



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