Jack Lang fait visiter son appartement où il fait à manger dans sa petite cuisine depuis plus de 40 ans
Jack Lang, 86 ans et président de l’Institut du monde arabe (IMA) depuis 2013, a annoncé mercredi qu’il ne quittera pas ses fonctions malgré les révélations liant son nom à l’homme d’affaires américain décédé Jeffrey Epstein. Le dossier, rendu public ces derniers jours, a entraîné la démission de sa fille, Caroline, d’un syndicat de producteurs de cinéma, mais n’a pas fait fléchir l’ancien ministre de la Culture, qui a souligné le succès de l’institution et assuré avoir reçu de nombreux messages de soutien venant de pays arabes.

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Interrogé sur son maintien à la présidence de l’IMA, M. Lang a résumé sa position par cette formule : « Non, pas une seconde ». Connu pour avoir lancé la Fête de la musique et les Journées du patrimoine, l’octogénaire a déclaré n’avoir « jamais » eu connaissance du passé judiciaire d’Epstein et s’est qualifié de « pauvre naïf, pauvre innocent, pauvre débile » en expliquant qu’il ne demandait ni « leur extrait de naissance » ni « leur casier judiciaire » aux personnes qu’il côtoyait. Il a décrit l’homme d’affaires comme « passionné d’art, charmant » et assuré que « aussitôt » la nature criminelle de Jeffrey Epstein révélée, « toute relation a été interrompue ».
La controverse porte aussi sur l’apparition du nom de Jack Lang dans les documents relatifs à un fonds offshore créé par Epstein en 2016. L’ancien ministre s’est dit « stupéfait » et a qualifié ce placement de « culot ». Il a indiqué que le projet, évoqué par sa fille en vue d’acheter des œuvres d’art, relevait selon lui d’une « naïveté confondante » et a affirmé : « Pas un centime n’est venu dans ma poche, dans la poche de Caroline. »
Ressources financières et patrimoine déclaré
Sur le plan financier, des éléments publiés par le site LEEMO précisent les principales sources de revenus de M. Lang. À l’Institut du monde arabe, son salaire mensuel brut avoisine 9 250 euros. S’y ajoutent des pensions ministérielles et parlementaires dont le total est estimé à environ 12 800 euros par mois. Les droits d’auteur issus de ses ouvrages et des cachets de conférences complètent ces revenus, ces derniers étant évalués entre 15 000 et 50 000 euros par an selon les périodes.
Le même dossier évoque la possibilité d’investissements immobiliers dans son patrimoine, potentiellement à Paris ou en province, sans toutefois fournir d’éléments publics permettant de confirmer ces hypothèses. Ces précisions dessinent un profil économique mêlant rémunérations institutionnelles et recettes issues d’activités intellectuelles et médiatiques.
Sur le plan immobilier, Jack Lang réside depuis plus de quarante ans dans un appartement situé entre le troisième et le quatrième arrondissement de Paris. Interrogé par le Nouvel Observateur il y a une vingtaine d’années, il indiquait que « l’appartement faisait 175 mètres carrés », laissant entendre que la surface réelle pouvait être supérieure, à l’instar de celle de son voisin Pierre Bergé. Il déclarait également préférer la discrétion et la vie domestique : « Je déteste les dîners en ville, je ne sors jamais. J’adore faire à manger dans ma petite cuisine. »
Le quartier a conservé une forte valeur immobilière. L’agence Serila rappelle que des voisins, comme Dominique Strauss-Kahn, ont réalisé d’importantes plus-values : l’appartement acheté par ce dernier dans les années 1950 est aujourd’hui estimé à plus de 4 millions d’euros. Jack Lang, selon les informations disponibles, a choisi de privilégier le confort de vie offert par ce logement chargé d’histoire.

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