Iran : le président du Parlement qualifie les armées européennes de «groupes terroristes» après la désignation des Gardiens de la révolution
L’Iran a annoncé dimanche 1er février, par la voix du président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, qu’il considérera dorénavant les armées des pays européens comme « groupes terroristes », en réaction à la décision de l’Union européenne de qualifier le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) d’organisation terroriste. La déclaration, prononcée à Téhéran, souligne une escalade verbale entre la République islamique et plusieurs États européens.

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Lors d’une session parlementaire, M. Ghalibaf a invoqué une disposition nationale — l’article 7 d’une loi sur les contre-mesures — pour justifier cette qualification réciproque. Vêtu d’un uniforme identique à celui des membres des Gardiens en signe de solidarité, il a formalisé une posture politique qui relie la décision européenne à des mesures de représailles prévues par la législation iranienne.
La portée exacte de cette mesure n’a pas été précisée par les autorités iraniennes au moment de l’annonce. Selon l’Agence France-Presse, les conséquences immédiates restaient indéterminées, tant sur le plan juridique que sur le plan diplomatique.
Contexte de la décision et réactions
L’annonce intervient après que l’Union européenne a adopté une décision qualifiant le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’organisation terroriste. Cette qualification de la part de l’UE vise le puissant corps militaire et paramilitaire iranien, déjà au centre de nombreuses controverses internationales en raison de son rôle dans les activités régionales et ses liens avec des groupes armés étrangers.
Le rôle de l’IRGC au sein de l’appareil d’État iranien englobe des fonctions militaires, économiques et politiques, ce qui en fait une cible sensible pour des sanctions ou des désignations étrangères. La réaction parlementaire formelle, incarnée par la déclaration de M. Ghalibaf et l’utilisation symbolique de l’uniforme, illustre la volonté des dirigeants iraniens de répondre publiquement et de marquer leur désaccord.
Des diplomates et observateurs internationaux suivent de près ces échanges de désignations, qui peuvent compliquer les relations bilatérales entre Téhéran et plusieurs capitales européennes. La qualification réciproque — de l’IRGC par l’UE, puis des armées européennes par le Parlement iranien — crée un contexte juridique et politique d’une rare tension.
Dans son intervention, le président du Parlement a précisé que la réponse iranienne s’appuie sur des textes législatifs internes permettant d’identifier des entités étrangères comme « terroristes » en représailles à des mesures prises à l’encontre de l’Iran. L’application concrète de ces dispositions et leur traduction en actes restent à expliciter par les autorités compétentes, alors que les capitales européennes affectées n’avaient pas encore réagi publiquement à cette announcement au moment où l’AFP rédigeait son dépêche.

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