Guinée équatoriale : des policiers ont pointé leurs armes sur des migrants expulsés des États-Unis, selon Reuters
Des policiers équato-guinéens ont pointé leurs armes sur des migrants expulsés des États-Unis et retenus dans un hôtel de Malabo, selon trois témoins et des images examinées par Reuters. L’incident ravive les inquiétudes autour des expulsions américaines vers des pays tiers.


Des policiers équato-guinéens ont pointé leurs armes sur des migrants expulsés des États-Unis et retenus dans un hôtel de Malabo, lors d’un incident survenu samedi 5 septembre, selon trois témoins et des images examinées par Reuters.
L’altercation aurait commencé lorsqu’un ressortissant cubain a demandé la restitution de son téléphone portable, confisqué par les autorités. Un autre migrant, l’Égyptien Ahmed Soliman, a filmé la scène avant d’être pris à partie. Il affirme que plusieurs agents ont armé leurs fusils, retiré la sûreté et lui ont ordonné de se mettre à genoux pendant plusieurs minutes. Reuters précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment les événements ayant précédé la confrontation.
La situation s’est apaisée après l’intervention du directeur de l’hôtel, qui a permis aux personnes retenues de regagner leurs chambres. Les personnes expulsées disent toutefois subir un accès limité aux soins médicaux et à l’assistance juridique, ainsi qu’une forte détresse psychologique.
Selon Third Country Deportation Watch, un dispositif de suivi géré par Refugees International et Human Rights First, 53 personnes ont été transférées en Guinée équatoriale dans le cadre de l’accord conclu avec Washington entre novembre 2025 et juillet 2026. Trente et une d’entre elles se trouveraient actuellement dans l’hôtel de Malabo.
Le gouvernement américain défend ces expulsions vers des pays tiers. Un porte-parole du département de la Sécurité intérieure a déclaré à Reuters que l’administration utilisait « toutes les options légales » pour exécuter les mesures d’éloignement et que l’agence de l’immigration n’était plus responsable des personnes une fois sorties de sa garde. Le département d’État affirme de son côté vouloir utiliser tous les moyens juridiques disponibles pour éloigner les personnes sans droit de séjour aux États-Unis.
Malabo n’a pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters. En juin, des organisations de défense des droits humains avaient déjà saisi la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples au nom de plusieurs migrants envoyés en Guinée équatoriale. L’affaire s’inscrit dans une politique américaine plus large de transferts vers des pays tiers, déjà au cœur d’un accord controversé avec plusieurs États africains.
Fin août, plusieurs migrants qui avaient refusé de débarquer au Liberia ont également été transférés vers la Guinée équatoriale. Le Liberia fait partie des pays africains ayant accepté d’accueillir des personnes expulsées des États-Unis, dans le cadre d’accords qui suscitent des critiques sur leur transparence et les garanties offertes aux personnes concernées.



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