Google remanie ses résultats de recherche en Europe après une amende de 460 M€

Google déploie ce mardi 8 septembre de nouveaux résultats de recherche en Europe pour se conformer au Digital Markets Act. Le groupe estime que ces changements dégraderont l’expérience des internautes, après une amende européenne de 460 millions d’euros pour auto-préférence dans Google Search.

TECHNOLOGIE
Union européenne
Union européenne
3 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Google a commencé, mardi 8 septembre 2026, à modifier l’affichage de ses résultats de recherche en Europe afin de se conformer aux exigences du règlement européen sur les marchés numériques (DMA). Le groupe américain réorganise notamment la place accordée aux comparateurs spécialisés dans les secteurs du voyage, de l’hôtellerie, de la restauration et du commerce en ligne, après avoir été sanctionné en juillet pour avoir favorisé ses propres services.

La Commission européenne avait infligé à Google une amende de 460 millions d’euros pour auto-préférence dans Google Search, dans le cadre d’un paquet de sanctions totalisant 890 millions d’euros avec une seconde amende de 430 millions visant Google Play. Bruxelles avait donné au groupe 60 jours pour mettre fin aux pratiques jugées contraires au DMA.

Dans la nouvelle présentation, un moteur de recherche spécialisé pourra apparaître en haut de la page, suivi de deux autres services similaires. Des carrousels consacrés par exemple aux hôtels, compagnies aériennes ou restaurants resteront affichés plus bas, mais certaines informations comme les prix en temps réel seront retirées dans cette nouvelle configuration.

Google conteste toutefois la portée de ces ajustements. Nick Fox, vice-président chargé de la connaissance et de l’information, affirme qu’ils réduiront la qualité du service pour les utilisateurs européens et profiteront davantage aux intermédiaires qu’aux entreprises locales. Cette appréciation est celle du groupe, qui dit avoir testé les changements auprès de millions d’utilisateurs en Europe.

La Commission européenne défend de son côté une logique de concurrence plus équitable. Le DMA interdit aux plateformes désignées comme « contrôleurs d’accès » de traiter leurs propres services plus favorablement que ceux de concurrents dans leurs classements. Dans sa décision du 23 juillet, Bruxelles avait notamment cité les résultats liés au shopping, aux hôtels, aux transports et au sport.

Une mise en conformité sous forte pression réglementaire

Google risque des pénalités périodiques pouvant atteindre 5 % de son chiffre d’affaires mondial si la Commission estime que la mise en conformité reste insuffisante. Les changements annoncés ce 8 septembre interviennent donc à l’issue du délai fixé après la décision de juillet.

Le bras de fer ne se limite pas à l’affichage des résultats. En juillet, la Commission a aussi adopté des mesures contraignantes pour obliger Google à partager avec des moteurs de recherche tiers certaines données anonymisées de classement, de requêtes, de clics et de consultation, dans des conditions considérées comme équitables et non discriminatoires.

Google redoute un recul du trafic direct

Le groupe affirme que de précédentes adaptations au DMA ont déjà entraîné une baisse de 30 % du trafic gratuit et direct vers certaines entreprises européennes de réservation. Ce chiffre provient de Google et n’a pas été présenté par la Commission comme une mesure indépendante de l’effet du règlement.

Les nouvelles règles ne concernent pas les utilisateurs situés hors de l’Union européenne, selon Google. Le groupe indique que le classement des services spécialisés continuera d’être déterminé par son algorithme, tandis que Bruxelles doit désormais apprécier si les modifications répondent effectivement aux obligations du DMA.

DANS L’ACTUALITÉ

Commentaires

FIL D'ACTU
13:23 Peace Hyde rejoint TIME Africa comme directrice des partenariats stratégiques mondiaux