Allemagne : les stocks de gaz tombent à 53 %, un plus bas en 15 ans pour début septembre
Les installations allemandes de stockage de gaz n’étaient remplies qu’à environ 53 % au début de septembre, leur plus bas niveau à cette période de l’année depuis le début des relevés il y a 15 ans. Un remplissage à 77 % au 1er novembre reste techniquement possible, mais ne suffirait pas en cas d’hiver extrêmement froid, selon INES.

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Les stocks de gaz naturel allemands ne sont remplis qu’à environ 53 % au début de septembre 2026, leur niveau le plus bas à cette période de l’année depuis le début des relevés il y a quinze ans, a indiqué mardi 8 septembre l’association des opérateurs de stockage INES. À moins de deux mois du 1er novembre, le rythme d’injection doit nettement accélérer pour renforcer la sécurité d’approvisionnement pendant l’hiver.
Un an plus tôt, les installations affichaient environ 71 % de remplissage au début de septembre. Selon INES, le niveau actuel reflète une saison de reconstitution particulièrement lente, alors que les opérateurs disposent pourtant de capacités réservées correspondant à environ 83 % des volumes de stockage disponibles.
Les modélisations de l’association montrent qu’un taux d’environ 77 % reste techniquement atteignable au 1er novembre. Pour y parvenir, il faudrait toutefois injecter davantage de gaz au cours des deux prochains mois que pendant les trois mois précédents réunis. Selon Sebastian Heinermann, un rythme proche d’un térawattheure par jour serait nécessaire, alors qu’un tel niveau n’a pas été atteint au cours des trois dernières semaines.
Si les injections se poursuivaient au rythme récent, l’Allemagne n’atteindrait qu’environ 63 % de remplissage au 1er novembre, selon le directeur général d’INES, Sebastian Heinermann. L’écart entre ce scénario et le potentiel technique de 77 % constitue désormais l’un des principaux enjeux de la préparation hivernale.
La situation ne signifie pas qu’une pénurie est inévitable. Dans un hiver aux températures normales, INES estime qu’un niveau de 77 % au 1er novembre permettrait de couvrir les besoins et laisserait encore environ 38 % de gaz en stockage au 1er avril 2027. Le risque augmenterait en revanche fortement lors d’une période exceptionnellement froide.
Un hiver très froid mettrait les réserves sous pression
Dans son scénario de froid extrême, INES juge qu’un remplissage de 77 % ne garantirait pas l’intégralité de la demande. Sur certaines journées de janvier, le déficit entre l’offre disponible et les besoins pourrait dépasser 25 %, selon les simulations de l’association.
Le régulateur allemand de l’énergie avait toutefois souligné fin août que le pays disposait de capacités d’importation et de stockage importantes et que du gaz restait disponible sur le marché. Les autorités suivent les niveaux de remplissage et disent pouvoir activer des mesures supplémentaires si les risques d’approvisionnement s’aggravent.
La faiblesse des stocks allemands s’inscrit dans une situation européenne tendue. Les prix élevés du gaz et les perturbations de l’offre mondiale ont réduit l’intérêt économique du stockage pendant l’été, tandis que plusieurs pays du nord de l’Europe entrent dans la dernière partie de la saison d’injection avec des réserves inférieures à celles observées ces dernières années.
Des incitations économiques réclamées par les opérateurs
INES explique la lenteur du remplissage par des conditions de marché peu favorables. Le stockage est généralement rentable lorsque le gaz acheté en été coûte moins cher que celui livré en hiver. Or l’écart de prix s’est réduit et devient parfois négatif une fois ajoutés les frais et prélèvements liés au stockage.
L’association propose notamment de réduire certains tarifs de réseau, de supprimer une redevance appliquée à l’utilisation des stockages et de faciliter des financements publics préférentiels pour les volumes injectés. Ces propositions émanent des opérateurs de stockage eux-mêmes et doivent encore être arbitrées par les pouvoirs publics.
L’Allemagne avait déjà traversé une forte tension sur son approvisionnement gazier en 2022, après la réduction des flux russes liée à la guerre en Ukraine. Depuis, le pays a développé ses capacités d’importation de gaz naturel liquéfié, mais le niveau des réserves souterraines reste un élément central pour répondre aux pointes de consommation hivernales.



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