Détroit d’Ormuz : le trafic commercial tombe à sept navires en une journée
Le trafic commercial dans le détroit d’Ormuz a reculé à sept navires le 10 septembre, selon Kpler, très loin des niveaux observés avant la guerre. Cette contraction entretient les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques mondiaux alors que le pétrole reste au-dessus de 100 dollars le baril.

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Le trafic commercial dans le détroit d’Ormuz est tombé à sept navires jeudi 10 septembre, selon des données préliminaires de Kpler citées vendredi par Reuters. Ce niveau reste très inférieur à la moyenne de 15 passages observée sur les dix jours précédents et illustre la persistance des perturbations sur l’une des principales routes énergétiques mondiales.
Parmi les sept navires recensés, deux Panamax ont quitté le détroit, dont l’un transportait des engrais et l’autre naviguait sur ballast. Cinq bâtiments sont entrés dans le Golfe avec différentes cargaisons sèches ou liquides. Le décompte peut toutefois sous-estimer le trafic réel, certains navires pouvant couper leur système d’identification automatique.
Avant la guerre, environ 125 grands navires commerciaux, dont des pétroliers et des méthaniers, franchissaient quotidiennement le détroit, selon Reuters. Ormuz reste un passage stratégique pour une part importante du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié échangés dans le monde, ce qui donne à chaque réduction du trafic un impact potentiel sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.
Le transport de gaz naturel liquéfié montre néanmoins quelques signes de reprise ponctuelle. Des méthaniers liés à QatarEnergy, dont Al Marrouna, Al Ghashamiya et Al Daayen, ont été observés dans la zone. Al Marrouna a notamment réalisé la première livraison connue de GNL au Pakistan depuis juillet, selon les données rapportées par Reuters.
Une route énergétique toujours sous forte pression
La baisse du trafic intervient alors que les cours du pétrole restent élevés. Le Brent a dépassé 108 dollars le baril vendredi matin, son plus haut niveau depuis mai, sur fond de craintes persistantes concernant les approvisionnements du Moyen-Orient. Associated Press souligne également que les perturbations autour d’Ormuz continuent de peser sur les marchés asiatiques et les anticipations d’inflation.
Le Fonds monétaire international rappelait en juillet que la fermeture effective du détroit avait représenté le plus important choc pétrolier depuis des décennies, en interrompant une partie substantielle des flux mondiaux de brut et de produits raffinés. L’institution avertissait alors que les marges de sécurité constituées par les stocks, les capacités de production disponibles et les détournements de cargaisons s’amenuisaient.
Depuis mai, le commandement militaire américain au Moyen-Orient soutient une opération destinée à accompagner les navires marchands souhaitant traverser le détroit. L’US Central Command présente Ormuz comme un corridor essentiel au commerce international, par lequel transite une part majeure du pétrole transporté par mer ainsi que d’importants volumes de carburants et d’engrais.
Le contraste reste marqué avec Bab el-Mandeb, autre passage stratégique de la région : 26 navires transportant des matières premières l’ont franchi le 10 septembre, un niveau jugé stable par rapport aux derniers jours, selon les données de trafic citées par Reuters.



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