Décryptage de « Comment on en est arrivé là ? »
Netflix a diffusé jeudi 8 décembre 2022 à 9 heures du matin la série-documentaire attendue autour de Harry et Meghan, une production présentée comme un témoignage intime mais qui prend parfois la forme d’un feuilleton romancé. La première partie, disponible dès ce matin, mêle témoignages filmés, images d’archives et reconstitutions, et se concentre sur le départ du couple des obligations royales ainsi que sur leur confrontation avec la presse britannique.

SOMMAIRE
L’ouverture se déroule à l’aéroport de London Heathrow, dans la « Windsor suite », où le prince Harry apparaît en polo gris, cheveux en bataille, et se livre au récit de la période qui a précédé leur départ: « On est en mars mais je ne sais plus quel jour. On vient de terminer nos deux dernières semaines. On en a fini avec nos obligations royales. C’est difficile de regarder en arrière et de se demander “Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Comment on en est arrivé-là ?” », déclare-t-il dans la séquence inaugurale. Ces images sont entrecoupées de montages en noir et blanc montrant des moments heureux et des coupures de presse évoquant la persécution médiatique du couple.
La narration bascule ensuite vers Vancouver, où Meghan Markle est filmée dans un décor lumineux, au naturel, en jean et chemise ouverte. La duchesse de Sussex y exprime à son tour son désir de « dire la vérité », tandis que la série multiplie les séquences intimes — moments de couple, premières rencontres via Instagram, échanges de textos — qui donnent à certains passages une tonalité très romancée.
« Un déferlement de haine »
Le fil rouge du premier épisode repose sur l’accusation d’une presse britannique agressive. « Depuis trois ans, je fais face à un déferlement de haine, en particulier envers mon épouse et mon fils », confie Harry, qui affirme vouloir dénoncer « l’exploitation et la corruption » au sein des médias. Meghan renchérit : « Ils veulent juste nous détruire. » Ces témoignages sont mis en scène comme une opération destinée à exposer, selon eux, le traitement subi par le couple.
Le documentaire fait intervenir des voix extérieures, dont James Holt, ancien porte-parole du Palais (2017-2019), qui questionne la légitimité d’une monarchie fondée sur un droit divin : « Aujourd’hui, il devient difficile de défendre l’idée qu’une lignée de monarques soit destinée par droit divin à régner sur le Royaume‑Uni et sur d’autres pays du monde… ». Harry évoque également son héritage familial et la souffrance observée chez les femmes de sa famille : « J’ai vu les larmes couler sur les joues de ma mère », dit-il, rappelant l’ombre de la mort de Diana dans le récit.
La deuxième partie de la série se focalise davantage sur la jeunesse de Meghan Markle : le documentaire la présente comme une élève studieuse et une actrice reconnue avant son mariage, et aborde la question de la couleur de peau. Un passage long et historique s’attarde sur la traite des esclaves dans l’empire britannique, incluant une voix off affirmant que « la toute première publicité britannique vantant la traite des esclaves a bien été financée par la reine Elizabeth elle‑même ». La suite des épisodes poursuit l’exploration de ces thèmes.

Commentaires