Côte d’Ivoire : le PPA-CI annonce une saisine internationale contre la nomination d’Adjelou à la CNDH
La nomination de Christian Adjelou à la présidence de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) est immédiatement contestée par le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA‑CI), qui annonce vouloir saisir le Haut‑Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et d’autres instances internationales pour obtenir sa destitution, invoquant un conflit d’intérêts et un militantisme partisan.

SOMMAIRE

La CNDH est traditionnellement dirigée par des figures issues de la société civile afin d’assurer l’indépendance et l’impartialité de l’institution chargée de veiller au respect des droits fondamentaux. Or, selon des déclarations publiques de l’intéressé, Christian Adjelou se positionne comme un soutien du président Alassane Ouattara, situation que l’opposition estime incompatible avec la neutralité requise.
La décision a suscité une vive polémique politique en Côte d’Ivoire. Le PPA‑CI, parti proche de l’ancien président Laurent Gbagbo, a exprimé son rejet et multiplié les dénonciations publiques. Justin Koné Katinan, une des figures du parti, a annoncé lors d’une tribune l’intention de porter la contestation devant des organisations internationales. Le parti met en avant la situation de plusieurs de ses cadres — notamment Damana Pikass, Blaise Lasm, Koné Boubacar et Lida Kouassi Moïse — maintenus en détention dans le cadre d’accusations liées à des troubles à l’ordre public.
Arguments et contre‑arguments autour de la présidence de la CNDH
Pour le PPA‑CI et ses porte‑parole, la présence à la tête de la CNDH d’un militant affilié au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) fragilise la capacité de l’institution à défendre équitablement les personnes détenues et à contrôler les éventuelles violations commises par l’État. Les responsables du parti dénoncent ce qu’ils qualifient de « contrôle de l’espace politique » et estiment que la nomination s’inscrit dans une série de pratiques attentatoires aux libertés publiques depuis 2011.
Dans sa défense, Christian Adjelou a affirmé que l’appréciation de l’impartialité du président et des conseillers de la CNDH doit se fonder sur leurs actes, leurs décisions et leur attachement aux principes universels des droits de l’homme, plutôt que sur des appartenances politiques supposées ou avérées. Il n’a toutefois pas nié son appartenance au RHDP et a précisé qu’il resterait fidèle aux principes de l’institution, tout en restant un défenseur affiché du RHDP sur les plateaux télé.



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