Côte d’Ivoire : la vérité sur les 50 milliards FCFA qui font polémique
En Côte d’Ivoire, une polémique publique a éclaté après les allégations selon lesquelles 50 milliards de francs CFA destinés aux collectivités territoriales auraient « disparu ». Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a rapidement répondu en démentant formellement toute disparition de fonds, précisant que les écarts relevés s’expliquent par la différence entre prévisions budgétaires et montants effectivement recouvrés.

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Dans son communiqué, le ministère indique que les écarts cumulés s’élèvent à 23,45 milliards F CFA pour les exercices 2024 et 2025 et résultent de l’écart entre prévisions et recouvrements. Il précise par ailleurs que 93,71 % des ressources prévues pour 2024 et 95,51 % de celles de 2025 ont déjà été reversées aux collectivités territoriales, et que les mises à disposition des recettes recouvrées se poursuivent dans le cadre des opérations de fin d’année.
Les services du ministère rappellent le principe qui régit la mise à disposition des quotes-parts : les reversements sont indexés sur le niveau réel de recouvrement fiscal. Pour mieux ajuster la répartition entre prévisions et reversements effectifs, des arrêtés trimestriels de répartition ont été instaurés afin de recalibrer les montants en fonction des flux réels de recettes.
Origine de la controverse et réactions
La rumeur d’une « disparition » de 50 milliards de FCFA prend sa source dans une déclaration publique d’Antoine Assalé Tiémoko, maire de Tiassalé et ancien député. Dans une vidéo diffusée et reprise sur les réseaux sociaux, il affirme que 16 milliards auraient été détournés au titre de 2024 et 34 milliards pour 2025, pour un total de 50 milliards de francs CFA « disparus » des comptes destinés aux collectivités.
Face à ces accusations, le ministère a rejeté l’idée d’un détournement et demandé la prudence dans la diffusion d’informations inexactes, soulignant la gestion « avec rigueur, transparence et responsabilité » des ressources publiques. Il a aussi expliqué que des écarts entre prévisions et recouvrements peuvent survenir et ne traduisent pas nécessairement une mauvaise gestion ou une appropriation illicite des fonds.
Le ministère a par ailleurs précisé que les opérations de fin d’année visent à solder les mises à disposition des recettes recouvrées et à harmoniser les reversements avec les recettes effectivement perçues. Les arrêtés trimestriels doivent permettre, selon les services techniques, de mieux synchroniser les prévisions budgétaires avec les flux réels de trésorerie et d’éviter des ruptures de versement pour les collectivités.



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