Côte d’Ivoire : la production industrielle recule de 3,3% en janvier, pénalisée par le repli des industries extractives
En janvier 2026, l’industrie ivoirienne présente un bilan contrasté. La production industrielle recule de 3,3% en glissement annuel, sous l’effet d’un fort tassement des activités extractives tandis que plusieurs segments manufacturiers et les services d’énergie enregistrent des hausses notables susceptibles d’atténuer la contraction globale.

SOMMAIRE

Le redressement observé dans certains secteurs manufacturiers ne suffit pas à compenser le repli du secteur extractif, principal moteur de la baisse. Les chiffres publiés pour le mois de janvier mettent en lumière des écarts importants entre branches, révélant une économie industrielle à deux vitesses.
Sur le plan des données sectorielles, les industries extractives ont vu leur production chuter de 10,6% en un an. La baisse la plus prononcée concerne les minerais métalliques, en retrait de 18,5%, conséquence directe d’une diminution de 18,6% des volumes de minerai d’or.
Extraction, manufacturier et services énergétiques
Dans le détail du secteur extractif, la situation est nuancée. L’extraction d’hydrocarbures a progressé de 3,1%, portée par une hausse de 12,7% de la production en volume de gaz naturel. Ce contraste souligne la vulnérabilité de l’économie aux variations des matières premières métalliques, tout en signalant une diversification partielle via la montée du gaz.
Les industries manufacturières ont, pour leur part, limité le glissement global en affichant une légère croissance de 0,2%. Certaines niches ont enregistré des performances marquées. Le raffinage pétrolier et la cokéfaction ont bondi de 14,2%, stimulés par un accroissement de 47,7% de la production d’essence et de 36,1% de celle du bitume. L’agro-industrie a progressé, notamment avec une augmentation de 10,9% de la production de masse de cacao, tandis que le secteur du bois a connu un rebond de 31,2%, porté par une hausse de 27,6% du bois scié.
Cependant, ces trajectoires favorables coexistent avec des reculs significatifs dans des branches structurantes : la métallurgie a enregistré une baisse de 36,4%, la fabrication d’ouvrages en métaux est en recul de 30% et la production de boissons a diminué de 11,5%, témoignant de faiblesses persistantes dans certaines chaînes de valeur industrielles.
Les activités liées à l’énergie et à l’eau constituent des éléments stabilisateurs de la production industrielle. Le rendement de ces secteurs a augmenté de 7,9% au cours du mois, soutenu par une hausse de 6,2% de la production d’électricité et une progression de 12,6% de la production d’eau potable. Ces tendances traduisent une demande robuste tant du côté des ménages que des unités productrices.
Par ailleurs, les industries liées à l’environnement ont affiché une croissance de 5,8%, principalement portée par les activités de collecte, de traitement et d’élimination des déchets, en hausse de 5,7%, ce qui indique un développement progressif des services de gestion des déchets et une montée en puissance d’initiatives d’économie circulaire encore naissantes.



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