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Bénin: Patrice Talon a t-il déjà entamé la résolution de l’équation Rachidi Gbadamassi?

A un an de la fin de leur mandat, le président Patrice Talon a distingué les députés de la huitième législature qui l’on accompagné dans la fidélité à travers la mise en œuvre de son programme d’action. Au total, 74 députés sur les 81 restants ont été élevés à divers ordres de mérite. L’absence d’un nom sur la liste attire cependant l’attention et suscite des interrogations.

En application de la loi n°2002-17 du 07 février 2007 modifiant l’article 2 de la loi n°94-029 du 03 juin 1996 portant réorganisation de l’Ordre national du Bénin, plusieurs députés de la huitième législature ont été reçus ce vendredi 14 Janvier 2022 dans divers ordres de mérite du Bénin. Le débat ici n’est pas de savoir si ces récipiendaires sont méritoires (encore que au Bénin, personne ne fait plus attention aux distinctions des personnalités parce qu’il n’est pas exagéré de dire que souvent les « valeurs » sont oubliées en défaveurs des soumis et des copains).

« Au nom du président de la République, Grand Maitre de l’Ordre et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier, Officier, Commandeur, ou, nous vous élevons à la dignité de Grand Officier ou de Grand Croix de l’Ordre National ». Tels sont les mots qui, une fois prononcés de la bouche de la Grande chancelière de l’Ordre national du Bénin, rappelle à votre mémoire que c’est le président de la République qui, au nom de la nation décide de distinguer ses filles et ses fils qui se sont illustrés au service de la République.

Ainsi, pour service rendu à la nation, le président Patrice Talon a élevé 74 parlementaires (70 plus quatre membres du bureau) à divers ordres de mérite. Mais à la consultation de la liste, l’absence d’un nom retient l’attention et suscite des questionnements. L’honorable Rachidi Gbadamassi, le grand absent. Il s’agit là sans doute d’un oubli de la part du président de la République à moins qu’il y ait d’autres raisons qui puissent justifier cette non prise en compte de l’élu de la huitième circonscription électorale parmi ceux à qui le président Patrice Talon a accordé les reconnaissances de la nation.

Le début d’un mauvais présage politique?

Au risque d’être taxé d’oiseau de mauvais augure, l’absence de Rachidi Gbadamassi sur la liste des députés distingués est un mauvais présage pour le buffle de Parakou dont un apprenti politicien (qualifié par le parlementaire de pseudo politologue) a prédit la déchéance politique. Loin de jouer à l’apprenti sorcier, l’élu de la huitième législature doit prendre très au sérieux la situation et réajuster ses stratégies. Ce qui ne devait pas être très difficile pour lui d’autant plus qu’il se désigne lui-même comme un expert en stratégies politiques.

Quittons les mots et analysons sereinement la situation politique du député. Très populaire dans son fief naturel, la huitième circonscription électorale où ses actions sociales lui ont permis de bénéficier durant toutes les législatures passées le crédit confiance des populations bénéficiaires de ses actions, Rachidi Gbadamassi a durant ses dernières années perdu non seulement de sa superbe mais surtout du terrain politique.

L’émergence d’une nouvelle classe de leaders politiques dans la circonscription électorale fait perdre de plus en plus confiance à l’ancien maire de Parakou qui était en terrain conquis. Un terrain qu’il doit désormais partager avec l’ancien maire Charles Toko et le ministre Samou Séidou Adambi. Fin acteur politique, Rachidi Gbadamassi a vite compris ce danger. C’est sans doute pour cette raison que toutes les actions menées sur cet aire politique sont faites par le trio.

Mais le danger est évident et le chef de l’Etat qui prépare ses propres pions saurait en profiter. Dans la huitième circonscription électorale, le président Patrice Talon s’appuierait désormais beaucoup plus sur son ministre de l’eau et des mines, Samou Séidou Adambi et sur son ami de tous les temps, Charles Toko que sur un Rachidi Gbadamassi qui ne serait plus trop en odeur de sainteté avec le chef de l’Etat.

Les 70 millions de Madougou, un dossier qui n’arrange pas Rachidi Gbadamassi

L’honorable Rachidi Gbadamassi a-t-il offert ses offres politiques à la candidate recallée des démocrates dans le cadre de sa préparation pour les élections présidentielles dernières. Difficile d’être affirmatif sur le coup. Les déclarations politiques doivent être prises avec beaucoup de prudence. Il ne suffit pas que la pensionnaire de Missérété ait soutenu cette thèse pour la valider.

Vérité ou pas vérité, cette actualité avec les déclarations fracassantes d’un autre député qui serait parti aussi pour le deal, n’est pas de nature à renforcer la confiance entre le président Patrice Talon et les députés acquis à sa cause. D’aucuns peuvent penser que le fait que l’honorable Rachidi Gbadamassi n’a pas été décoré comme certains de ces collègues peut avoir un lien avec cette actualité politique.

Mais il sera tout de suite dit: « mais si c’était le cas, pourquoi les députés Affo Obo Amed Tidjani alias Souwi, Nazaire Sado et Sanni Mama » ont été décorés alors qu’ils étaient dans le coup, les alliés du buffle de Parakou? ». La question ne serait pas bête. Et en guise de réponse, on pourrait dire que tout dépend de l’objectif.

Distinguer des complices peut être également un bon moyen de donner le change. En tout cas, il ne s’agit là que des élucubrations d’un journaleux qui peuvent être loin de la réalité mais qui n’enlève rien au fait que la carrière parlementaire de l’honorable Rachidi Gbadamassi tend probablement vers sa fin au terme de la législature en cours, lui qui aspire remplacer le chef de l’Etat au palais de la Marina à la fin de ses deux mandats constitutionnels.

Quelle chance pour le buffle de Parakou d’être réélu député en 2023 ?

La science politique n’est pas une science exacte et les données politiques s’actualisent selon l’analyse du terrain. Dire de façon tranchée que l’honorable Rachidi Gbadamassi n’a aucune chance de se faire élire député serait peut-être allé trop vite en besogne. Alors, la question qu’il faut peut-être se poser est de savoir de quelle utilité sera le buffle de Parakou pour le chef de l’Etat qui a besoin de l’accompagnement des députés pour mettre en œuvre son ambitieux « PAG2 ».

Il est vrai que durant la septième et la huitième mandature, l’élu de la huitième circonscription électorale est resté fidèle à la ligne tracée par le patron de la mouvance. Mais il ne faut pas perdre de vue que le président Patrice Talon est de plus en plus dans une dynamique de renouvellement de la classe politique. S’il a encore composé avec certains vieux routiers lors des législatives passées, c’est juste pour ne pas les avoir contre lui.

Chef d’orchestre des deux grands blocs politiques (pour emprunter l’expression aux opposants), le président Patrice Talon aura son mot à dire dans la confection des listes en vue des législatives de 2023. Quand on sait que l’élection d’un député est d’abord sur papier, le risque que l’honorable Rachidi Gbadamassi ne retrouve pas le chemin de l’hémicycle n’est pas mince.

C’est un risque qu’il doit pouvoir envisager. Mais il y a encore un risque plus grand pour lui, c’est celui de vouloir y participer coûte que coûte par des listes d’emprunt. C’est une pratique qui consiste pour un acteur politique de la mouvance par exemple de se faire aligner sur la liste d’un parti politique de l’opposition pour participer à une élection. Ce serait la dernière erreur à ne pas commettre. En tout état de cause, il ne s’agit ici que de conjectures et 2023 n’est pas très loin pour confirmer ou infirmer ces conjectures.

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