Aya Nakamura a résisté aux polémiques, révèle Victor Le Masne
Victor Le Masne, directeur musical des Jeux de Paris et compositeur de l’hymne officiel « Parade », révèle les coulisses de la préparation de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, évoquant la participation d’Aya Nakamura et la présence de la Garde républicaine, alors même que la chanteuse faisait l’objet d’attaques à caractère raciste.

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Dans un entretien accordé au Nouvel Obs, Victor Le Masne restitue l’atmosphère de travail autour de la mise en place musicale de l’événement, soulignant la rigueur des équipes et la ténacité de l’artiste face aux insultes et aux polémiques.
« Elle se faisait insulter à longueur de journée et on continuait de travailler dans un grand sérieux, avec beaucoup de rigueur », déclare Le Masne, qui insiste également sur l’engagement d’Aya Nakamura dans le travail préparatoire : « Elle n’a jamais lâché, elle n’a jamais abandonné le navire. »
Préparation, polémiques et parcours d’une artiste
La préparation de la cérémonie s’est déroulée dans un contexte médiatique tendu : plusieurs émissions et plateaux ont relayé et amplifié des polémiques, notamment initiées par l’extrême droite, sur l’opportunité pour une artiste franco-malienne d’interpréter des morceaux de la chanson française lors d’un événement international. Aya Nakamura, citée par les médias, était, selon Le Masne, en studio au même moment où ces débats prenaient de l’ampleur.
Sur le déroulé de la soirée, la version finalement retenue a vu Céline Dion interpréter « L’Hymne à l’amour » d’Édith Piaf depuis le premier étage de la tour Eiffel, un choix qui, selon la couverture médiatique, a rencontré un large consensus. Quelques mois auparavant, l’idée qu’Aya Nakamura puisse chanter des textes de Piaf avait suscité de vifs échanges.
Le parcours d’Aya Nakamura est régulièrement évoqué pour mettre en perspective ces réactions. Née à Bamako et installée à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la chanteuse a raconté dans des entretiens précédents des expériences de racisme avant sa notoriété. Le journaliste culture Fabrice Pliskin rappelle cette trajectoire en soulignant que « avant de rencontrer la gloire, elle a rencontré le racisme ». Des propos publics d’Aya illustrent cette réalité : elle a raconté qu’un responsable de maison de disques lui avait conseillé d’utiliser un fond de teint plus clair, lui signifiant que « ça ne peut pas le faire comme ça ».
Face aux attaques, Aya Nakamura a aussi répondu par la culture et la langue : elle a cité un vers de Charles Aznavour — « Je ferais mieux d’aller choisir mon vocabulaire / Pour te plaire dans la langue de Molière » — pour répliquer à ses détracteurs, reprise rapportée par le Nouvel Obs.

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