Angola : le Pape Léon XIV fustige les «catastrophes» liées à l’exploitation des ressources
Le pape Léon XIV a atterri en Angola le samedi 18 avril 2026, en milieu d’après‑midi. Son avion a touché le sol vers 14h45, à l’aéroport international 4 de Fevereiro de Luanda. À sa descente d’appareil, il a été reçu par le président João Lourenço et par des responsables religieux nationaux.

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Moins d’une heure après son arrivée, le souverain pontife a quitté l’aéroport pour gagner la présidence. Sur son trajet, des milliers de personnes l’ont acclamé sous un soleil de plomb, impatientes d’apercevoir le pape.
Au pavillon protocolaire de la présidence, Léon XIV a d’abord eu un entretien privé avec João Lourenço, puis s’est adressé à un parterre composé d’autorités, de diplomates et de représentants de la société civile. S’exprimant en portugais, il a rappelé que le pays dispose de richesses qu’il faut préserver et respecter, plutôt que réduire à des marchandises.
Le pape a insisté sur les plaies laissées par des logiques qui brisent l’équilibre social. Selon lui, l’arrogance de certains a creusé des blessures, tant par l’exploitation matérielle que par la volonté d’imposer des visions aux autres, au détriment des populations.
Critique du modèle extractif et appel au respect des dissidences
Dans son discours au palais présidentiel, Léon XIV a fustigé les pratiques extractives qui, selon lui, causent des drames humains et des dégâts environnementaux. Il a mis en garde contre les conséquences d’intérêts puissants qui accaparent les ressources et alimentent un modèle de développement excluant et discriminant, et s’est demandé combien de souffrances supplémentaires seraient encore nécessaires pour modifier ce cap.
Le pape a appelé les dirigeants angolais à ne pas réprimer la dissidence et à valoriser la diversité des talents et des projets du pays. Il a exhorté les autorités à laisser s’exprimer les idées des jeunes et les aspirations des anciens, et à placer l’intérêt général au‑dessus des intérêts partisans.
Rappelant le contexte économique du pays — riche en pétrole et en minerais mais marqué par de fortes inégalités — il a souligné que près d’un tiers de la population vit sous le seuil international de pauvreté fixé à 2,15 dollars par jour, ce qui renforce l’urgence d’un changement de cap.
Le souverain pontife a aussi mis en lumière la nécessité pour le continent de surmonter les conflits qui fracturent le tissu social et aggravent la misère et l’exclusion. Face à ces défis, il a plaidé pour des réponses fondées sur la justice et la solidarité.
De son côté, le président João Lourenço, qui a plutôt axé son intervention sur la scène internationale, a mis l’accent sur la résolution des crises par le dialogue et a réclamé la fin des hostilités au Moyen‑Orient, tout en rappelant que les relations internationales doivent reposer sur le respect et l’équité.
La journée du pape s’est achevée par une rencontre privée avec les membres de l’Église angolaise. Le programme prévoit, pour le lendemain, une messe en plein air à Kilamba, près de Luanda, puis un chapelet en fin d’après‑midi au sanctuaire de Muxima, lieu de pèlerinage majeur dans le pays.



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