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Sénégal : “qu’on ne nous provoque pas”, Ousmane Sonko hausse le ton contre Al Aminou Lo

Ousmane Sonko a durci le ton face au nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo et au président Bassirou Diomaye Faye. Lors d’une conférence de presse, le chef du Pastef a accusé le pouvoir de chercher à déstabiliser son parti, tout en affirmant qu’il ne censurera pas le gouvernement, malgré la majorité écrasante dont il dispose à l’Assemblée nationale.

POLITIQUE
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Ousmane Sonko et Ahmadou Al Aminou Lo
Ousmane Sonko et Ahmadou Al Aminou Lo PH: DR
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Ousmane Sonko a tenu mardi 2 juin 2026 une conférence de presse au cours de laquelle il a adressé plusieurs mises en garde au nouveau Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, accuse le président Bassirou Diomaye Faye de conduire une stratégie de déstabilisation du Pastef, et qualifie de « cohabitation » la situation institutionnelle issue de la formation du gouvernement Lo sans son parti. « Nous savons tout. Nous avons choisi de taire certains faits, mais qu’on ne nous provoque pas », a déclaré Sonko à l’adresse du Premier ministre.

Sonko s’est d’abord attaqué au registre public de Lo. « Je lui conseille de se limiter aux chiffres. Il se dit technocrate, il n’a qu’à se limiter à la technocratie », a-t-il lancé. Il a ensuite mis en cause le rôle personnel de Lo dans la crise entre le Pastef et la présidence. « Nous savons le rôle qu’il a joué dans ces problèmes qui règnent entre Pastef et le président. Jusqu’à présent, nous nous sommes abstenus de révéler tous les détails. Qu’il se calme », a-t-il averti. Sur la publication de la liste gouvernementale lundi soir, il a ajouté : « Je l’ai entendu hier, pendant la publication du gouvernement, donner des leçons. Qu’il commence par se les appliquer à lui-même. »

Ces mises en garde s’accompagnaient d’une posture générale de non-rupture institutionnelle. Sonko a exclu toute stratégie d’obstruction systématique : « Nous ne censurerons pas. » Il s’est dit prêt à « accompagner » le gouvernement tout en maintenant sa ligne : « Nous sommes, qu’il le veuille ou pas, dans une situation de cohabitation. Il n’a pas un seul député à l’Assemblée nationale. Il n’a pas tous les pouvoirs. Il faut qu’il redescende de son piédestal et qu’on se parle. »

Sonko accuse Faye de vouloir détruire le Pastef

Sur les relations avec le président, Sonko a franchi un seuil. « Il est dans des stratégies pour déstabiliser le Pastef », a-t-il déclaré, selon des informations de Senenews. Il a également averti que toute utilisation de l’appareil d’État contre son parti serait traitée sur le terrain judiciaire : « S’ils utilisent la force de l’État contre nous, nous répondrons par les voies légales. »

Sonko a révélé avoir alerté Faye lors d’une rencontre privée sur des divergences fondamentales, lui signalant notamment des désaccords sur la direction à donner au pays. Selon sa version – qu’il est seul à avoir rendue publique -, Faye aurait alors répondu en lui disant qu’il n’avait pas à lui rendre de comptes et en revendiquant le droit absolu du président à diriger sans contrepartie. Sonko a présenté cette conversation comme le moment de rupture réelle entre les deux hommes.

Un congrès dans quatre jours

Ces déclarations de Sonko – les plus dures depuis son limogeage du 22 mai – interviennent à quatre jours du premier congrès du Pastef, fixé au 6 juin à Dakar. Ce congrès doit élire le président du parti et fixer les orientations pour les six prochaines années. Le Pastef a également publié ce que plusieurs médias sénégalais, dont Senenews Premium, décrivent comme une « liste des traîtres » visant les membres du parti restés au gouvernement Lo malgré le boycott – dont Yankhoba Diémé, déjà exclu par sa section locale de Bignona.

Le gouvernement Lo ne pourra être censuré qu’avec les voix du Pastef, qui détient 130 des 165 sièges de l’Assemblée nationale. Faye ne peut dissoudre l’Assemblée avant novembre 2026. La mécanique institutionnelle donne à Sonko les moyens de tenir la pression qu’il annonce sans avoir à la mettre formellement en oeuvre. Son avertissement à Lo – « nous avons choisi de taire certains faits » – laisse entendre qu’il dispose d’éléments sur le passé du Premier ministre qu’il n’a pas encore rendus publics et qu’il pourrait utiliser si la confrontation s’approfondit.

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