Afrique-Chine : 80 milliards $ de déficit commercial malgré le zéro tarif

Le déficit commercial africain avec la Chine atteint 80,07 milliards de dollars sur huit mois. Les exportations africaines progressent, mais moins vite que les ventes chinoises, alors que l’extension du zéro tarif n’est entrée en vigueur qu’en mai.
Le déficit commercial de l’Afrique avec la Chine a atteint 80,07 milliards de dollars entre janvier et août 2026, en hausse de 34,48 % sur un an. Pékin a vendu 177 milliards de dollars de marchandises au continent et n’en a acheté que pour 96,93 milliards.
L’écart s’est creusé d’environ 20,5 milliards de dollars en douze mois, même si les exportations africaines vers la Chine ont progressé de 19 %.
Le régime zéro tarif ne couvre pas toute la période de la même manière. Trente-trois pays africains classés parmi les moins avancés en bénéficiaient déjà depuis décembre 2024, tandis que son extension aux vingt autres partenaires diplomatiques africains de Pékin n’est entrée en vigueur que le 1er mai 2026.
Au premier trimestre, les exportations chinoises de biens d’équipement vers l’Afrique ont augmenté de 43,5 %, celles de biens de consommation de 25 % et celles de produits intermédiaires de 23,3 %. Les importations chinoises depuis l’Afrique progressaient alors de 14,6 %.
Sur les huit premiers mois de 2026, le commerce bilatéral a atteint 273,94 milliards de dollars. La Chine a exporté environ 1,83 dollar de marchandises vers l’Afrique pour chaque dollar acheté au continent.
Le zéro tarif ne change pas à lui seul la structure des échanges
L’avantage douanier réduit le coût d’entrée sur le marché chinois, mais il ne transforme ni les capacités de production ni la composition des exportations africaines. Le continent vend encore principalement des matières premières et des produits agricoles, alors qu’il importe surtout des machines, des équipements et des biens manufacturés.
Pour réduire durablement le déficit, les pays africains doivent donc convertir l’accès tarifaire en volumes exportables, en transformation locale et en produits capables de répondre aux normes techniques et sanitaires chinoises. Sans ce changement de structure, l’ouverture du marché peut accroître les échanges sans corriger le déséquilibre.
La poussée des exportations chinoises reste plus rapide
Le mouvement tient aussi à la recherche de nouveaux débouchés par les producteurs chinois, confrontés à des barrières plus fortes aux États-Unis et en Europe. L’Afrique devient ainsi un marché de diversification au moment même où ses propres capacités manufacturières restent plus limitées.
Pour les vingt pays ajoutés au régime le 1er mai 2026, l’exemption sur l’ensemble des lignes tarifaires doit rester en vigueur jusqu’au 30 avril 2028.


