13 ans après, Léa Seydoux évoque le traumatisme de La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche
Léa Seydoux, présente sur la Croisette pour le Festival de Cannes où elle défend deux long‑métrages, révèle avoir vécu un tournage « particulièrement éprouvant » sur La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche, parlant explicitement de « harcèlement moral » et de manipulation lors d’une interview accordée à Augustin Trapenard pour Brut.

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L’actrice, qui figure cette année à l’affiche de Gentle Monster de Marie Kreutzer et de L’Inconnue d’Arthur Harari, est revenue longuement sur son expérience lors d’un entretien diffusé par Brut. Ses déclarations éclipsent, le temps de cet échange, la promotion de ses deux films et relancent le débat autour des conditions de tournage et du comportement des réalisateurs sur les plateaux.
Dans cet entretien, Léa Seydoux évoque le tournage d’un film sorti en 2013 et réalisé par Abdellatif Kechiche, qualifiant cette période de « trauma » tout en insistant sur l’ambivalence de son expérience : douleur et enseignements professionnels se mêlent dans son récit.
Léa Seydoux : « C’était un harcèlement moral et c’était très dur »
Lors de l’entretien, l’actrice a décrit des modalités de direction qui l’ont mise mal à l’aise : « Parfois, il y a des regards qui vous mettent mal à l’aise », a‑t‑elle déclaré. Elle précise que, pour elle, « La Vie d’Adèle, c’était un regard, bien sûr. D’ailleurs, c’était la chose, c’était ça qui était le plus difficile pendant le tournage », avant d’ajouter que « c’était une manipulation, c’était une forme de harcèlement moral ». Ces propos traduisent, selon elle, une modalité de travail fondée sur la pression psychologique.
La comédienne a insisté sur la difficulté de collaborer avec des metteurs en scène qu’elle juge manipulateurs : « c’est extrêmement dur de tourner avec des metteurs en scène qui sont manipulateurs », tout en reconnaissant que « tous les metteurs en scène dirigent d’une certaine façon pour arriver à obtenir quelque chose ». Elle situe cependant le comportement rencontré sur ce tournage dans une autre catégorie, en le qualifiant explicitement de harcèlement moral.
Sur les contraintes contractuelles, Léa Seydoux a rappelé l’impossibilité pratique, selon elle, de « quitter le film » une fois engagé : « À partir du moment où on signe un contrat et qu’on est engagé on ne peut pas le quitter », a‑t‑elle indiqué, détaillant ainsi l’encadrement légal et professionnel qui a rendu la situation plus difficile à gérer pour elle sur le plateau.
Malgré la qualification de « trauma », l’actrice a reconnu avoir tiré des enseignements de cette collaboration : « Il y a des choses que j’ai apprises avec Abdellatif Kechiche parce qu’il est manipulateur, mais c’est aussi quelqu’un qui a énormément de talent et c’est un grand directeur d’acteur donc j’ai appris énormément de choses qui, encore aujourd’hui, me servent », a‑t‑elle expliqué.
Enfin, Léa Seydoux a indiqué avoir modifié son approche des scènes dénudées depuis ce tournage, souhaitant désormais exercer « un droit de regard plus strict sur les « scènes dénudées » » et précisant : « Depuis le film d’Abdellatif Kechiche, je veux avoir un droit de regard. Et j’accepte ou non qu’on montre mon corps de cette façon‑là ».
Le passage de l’actrice sur ces sujets a été relayé par Brut via un entretien mis en ligne sur sa chaîne YouTube, une publication partagée sur le compte Twitter officiel de Brut le 19 mai 2026.


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