Zimbabwe : Harare prépare le 9 septembre sa vaste opération contre les vendeurs de rue
Les vendeurs installés sur des sites non autorisés à Harare ont jusqu’au 9 septembre pour se déplacer vers des marchés désignés. Le gouvernement promet ensuite une opération « zéro tolérance », contestée par les syndicats et des organisations de défense des droits.


Le gouvernement zimbabwéen s’apprête à lancer mercredi 9 septembre une vaste opération contre les vendeurs de rue installés sur des sites non autorisés à Harare. Les commerçants concernés ont reçu l’ordre de quitter les espaces non désignés avant cette date et de rejoindre les marchés reconnus par les autorités locales.
L’opération doit commencer dans le centre de Harare et dans l’ensemble de la métropole avant d’être étendue à d’autres villes du pays. Les autorités prévoient de démanteler les étals et structures installés illégalement et de maintenir une présence de la police municipale afin d’éviter une réoccupation des zones évacuées.
Le gouvernement présente cette mesure comme une réponse aux problèmes de congestion, d’insalubrité, d’occupation des trottoirs et de perturbation des commerces formels. Il affirme toutefois que le commerce informel reste une activité reconnue, à condition d’être exercée dans les espaces prévus par les règlements municipaux.
La directive suscite une forte contestation à l’approche de l’échéance. Le Zimbabwe Congress of Trade Unions (ZCTU) juge la mesure trop brutale et estime que de nombreux vendeurs n’ont pas d’alternative viable dans une économie où le secteur informel absorbe une part importante de la main-d’œuvre. Le syndicat demande au gouvernement de privilégier la création d’emplois et la mise à disposition d’emplacements commerciaux adaptés.
Des organisations de défense des droits humains ont également réclamé un report ou un aménagement du calendrier. ZimRights demande notamment que les autorités garantissent des solutions de relocalisation accessibles et évitent les confiscations arbitraires, les violences ou les arrestations lors des opérations de déguerpissement.
À Harare-Sud, certains commerçants ont déjà demandé des précisions sur leur lieu de relocalisation, plusieurs secteurs ne disposant pas de marchés formellement aménagés. Le 9 septembre s’annonce ainsi comme un test pour la politique de « remise en ordre » des centres urbains voulue par le gouvernement, au moment où les autorités cherchent à concilier assainissement des villes et maintien des moyens de subsistance de milliers de travailleurs informels.



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