Tour du Bénin 2026 : Belohvosciks maillot jaune, les Béninois moins « spectateurs »
Sur un parcours d’environ 732 km en cinq étapes, réunissant près d’une centaine de coureurs issus d’une quatorzaine de pays, le Letton Kristians Belohvosciks (Team Bike Aid, Allemagne) a remporté le classement général du 21ᵉ Tour cycliste international du Bénin 2026. Derrière le maillot jaune, les coureurs béninois ont signé des prestations plus consistantes que par le passé, avec des écarts resserrés et une présence accrue dans les échappées, confirmant la montée en puissance du cyclisme national.

SOMMAIRE

Le Tour du Bénin 2026 a proposé un tracé revisité d’environ 731,82 km, présenté par les organisateurs comme l’un des plus spectaculaires et exigeants de l’histoire de l’épreuve. De Zagnanado à Cotonou, en passant par Savè, Djougou, Bantè, Ouinhi et Porto‑Novo, le peloton a dû composer avec la chaleur, le vent et des profils de terrain cassants, propices aux bordures et aux coups de force lointains. La course a réuni un plateau qualifié de « XXL » avec des sélections algérienne, marocaine, burkinabè, érythréenne, des équipes ouest‑africaines, et la formation continentale allemande Bike Aid, où évolue Belohvosciks. Cette densité a donné lieu à des étapes très rapides, avec des moyennes au‑delà de 41 km/h sur certains tronçons, ce qui confirme la montée en gamme du rendez‑vous béninois.
Dès la première étape Zagnanando–Savè (environ 126 km), Kristians Belohvosciks donne le ton en s’imposant devant une concurrence déjà très structurée et en endossant le maillot jaune. Le Letton, coureur complet et habitué des courses africaines, gère ensuite parfaitement les étapes centrales, protégé par un collectif Bike Aid expérimenté, face aux offensives répétées des sélections algérienne, burkinabè et érythréenne.
Les victoires d’étapes se partagent principalement entre l’Algérie et le Maroc. Mohamed‑Nadjib Assal signe un doublé sur les 2ᵉ et 3ᵉ étapes, confirmant le potentiel de l’Algérie sur l’UCI Africa Tour, tandis que le Marocain Salah Eddine Mraouni s’impose sur la 4ᵉ étape Ouinhi–Porto‑Novo (127,80 km). Sur cette avant‑dernière journée, Mraouni parcours la distance en 2 h 54 min 25 s, soit une moyenne d’environ 41,96 km/h, au sein d’un quatuor qui se dispute la victoire au sprint.
La dernière étape Zogbodomey–Cotonou (128,65 km) confirme le scénario d’une course très ouverte mais contrôlée au sommet. Belohvosciks, chronométré en 3 h 10 min 34 s à 40,51 km/h de moyenne, résiste aux offensives tardives et conserve sans trembler son maillot jaune jusqu’à la ligne, scellant son succès final au classement général.
Les Béninois moins spectateurs
Si le maillot jaune reste étranger, la principale satisfaction pour le pays hôte est à chercher dans le comportement de ses coureurs. Alors que les Béninois accusaient par le passé des retards supérieurs à une heure sur la plupart des étapes, certains d’entre eux terminent désormais à moins de trois minutes du vainqueur, notamment sur les journées les plus roulantes.
On note la présence de Béninois dans des échappées longues, parfois plus de 100 km en tête de course, notamment lors de la 5ᵉ étape en direction de Cotonou, symbole d’un changement d’attitude. « Les locaux n’acceptent plus systématiquement le rôle de simples suiveurs », s’enthousiastent certains supporters. Plusieurs jeunes coureurs nationaux se signalent également dans les « points chauds », ces sprints intermédiaires qui rythment les étapes, engrangeant des points et de la confiance pour les prochaines compétitions.
Le dernier du classement général, le Béninois Thetis Gnanhoui, termine à la 65ᵉ place avec un retard d’environ 1 h 31 min sur Belohvosciks, un écart important mais qui s’inscrit dans une course menée à un rythme soutenu par les équipes professionnelles et les grandes sélections africaines. Cet écart doit être lu moins comme un signe de faiblesse individuelle que comme l’illustration de la marge collective qu’il reste à franchir entre un cyclisme encore en structuration et des formations aguerries aux courses par étapes.
À l’issue de la compétition, le sélectionneur national Ferdinand Gandaho salue des « résultats encourageants » pour des coureurs qui découvrent encore les exigences d’un plateau international aussi dense. Le technicien relève notamment la capacité de ses coureurs à rester groupés dans le peloton principal plus longtemps qu’auparavant, à mieux gérer la chaleur, l’alimentation et la récupération entre deux étapes.
Le président de la Fédération béninoise de cyclisme, Romuald Hazoumè, insiste, lui, sur les « avancées » structurelles qui commencent à produire des effets : camps d’entraînement, multiplication des compétitions nationales, partenariat avec des équipes étrangères et mise en lumière des jeunes talents via le Tour du Bénin. Pour la FBC, cette 21ᵉ édition prouve que la stratégie de formation et de densification du calendrier local porte ses premiers fruits, même si la marche qui sépare les Béninois d’une victoire d’étape ou d’un podium final reste importante.
Un rendez‑vous pour l’avenir
Avec un parcours plus long, un plateau international renforcé et des vitesses moyennes en hausse, le Tour du Bénin 2026 franchit un cap sportif et médiatique. Pour les équipes étrangères comme Bike Aid ou les sélections nord‑africaines, l’épreuve devient un rendez‑vous stratégique pour engranger des points UCI, tester des coureurs et se montrer sur le marché du cyclisme africain en plein essor.
Pour le Bénin, la course se transforme progressivement en véritable laboratoire de performance : terrain d’apprentissage pour les locaux, vitrine pour le pays, et point de rencontre entre organisateurs, sponsors et fédérations étrangères. L’objectif affiché par les acteurs du cyclisme béninois est désormais de capitaliser sur cette dynamique pour, à moyen terme, voir un coureur local jouer les premiers rôles, d’abord sur des victoires d’étapes, puis pourquoi pas dans la bataille pour le maillot jaune.



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