Thierry Ardisson, créateur des slogans Tropico, Lapeyre et Ovomaltine
Thierry Ardisson, animateur et producteur emblématique surnommé « l’homme en noir », est mort à 76 ans, lundi 14 juillet 2025 à Paris des suites d’un cancer du foie, ont annoncé son épouse et ses enfants à l’AFP. Né le 6 janvier 1949 à Bourganeuf (Creuse), il s’est d’abord imposé dans la publicité avant de devenir une figure marquante de la télévision française, notamment avec ses talk-shows en soirée qui ont bousculé le paysage audiovisuel depuis les années 1980.

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Avant sa notoriété télévisuelle, Ardisson a construit sa réputation comme concepteur-rédacteur. À 16 ans, il signait déjà des slogans et, pendant près de vingt ans, il a fait des formats très courts — parfois huit secondes — une véritable marque de fabrique publicitaire. Plusieurs de ses formules sont entrées dans la culture populaire : « La barre Ovomaltine, c’est de la dynamique », « Quand c’est trop, c’est Tropico », « Lapeyre, y’en a pas deux », « Chaussée aux Moines. Amen… » ou encore « Vas-y Wasa ».
Sur le petit écran, il a su transposer ce sens du slogan et de la provocation. D’abord reconnu par le grand public pour son travail en pub, il est devenu par la suite l’un des animateurs les plus impertinents de la télévision française, imposant des formats de talk-shows en soirée et une silhouette immédiatement identifiable — le costume sombre et la posture de « l’homme en noir ».
Parcours, souvenirs et confidences livrés sur franceinfo
Invité à plusieurs reprises sur franceinfo, Thierry Ardisson est revenu avec émotion sur son parcours professionnel et personnel. En octobre 2024, il a évoqué « l’âge d’or de la pub » et, pour lui, celui de la télévision qui a suivi. À l’occasion de la sortie de son livre L’âge d’or de la pub (éditions du Rocher), il a expliqué que la publicité de son époque cherchait à séduire, faire rire et émouvoir, contrairement selon lui à des pratiques contemporaines jugées plus factuelles. « C’était une époque bénie, on gagnait des fortunes, on était des stars… », confiait-il.
Dans d’autres interventions sur franceinfo, Ardisson s’est également montré facétieux et critique envers les stratégies de communication politiques. Il a dit qu’il aurait « beaucoup aimé conseiller un président » et, en évoquant la situation actuelle, a estimé qu’Emmanuel Macron « aurait besoin d’un conseiller en communication », en soulignant que le public retient davantage les erreurs perçues que les actions positives.
Plusieurs entretiens ont aussi permis d’aborder son histoire familiale et ses motivations. Fils d’une mère femme au foyer et d’un père employé dans le bâtiment, il racontait avoir cherché très tôt à s’échapper par la création. Il a évoqué une enfance difficile, des tensions familiales et le refuge qu’il a trouvé dans l’écriture : il affirme avoir écrit son premier livre à 12 ans. « Quand je suis arrivé à Paris, je ne savais rien faire. J’avais 19 ans, je ne connaissais personne. Il n’y a qu’une seule chose que je savais, c’est que je voulais être riche et célèbre », déclarait-il sur franceinfo.
Il résumait ainsi son rapport à l’image publique et à la fiction de sa propre vie : « J’ai toujours un peu vécu ma vie comme un roman. Il y a le cow-boy Marlboro, il y a Monsieur Propre et l’homme en noir, c’est Ardisson ».

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