Tchad : S&P maintient la note à B- avec perspective stable
Standard & Poor’s a confirmé, le 16 mars 2026, la note souveraine du Tchad à B- avec une perspective stable, invoquant une combinaison d’améliorations macroéconomiques à court terme et de fragilités structurelles persistantes ; l’agence anticipe notamment une croissance du produit intérieur brut d’environ 5 % en 2026, soutenue par des investissements dans les infrastructures, le renforcement des services et l’appui d’un cadre de coopération avec le Fonds monétaire international validé en 2025.

SOMMAIRE

Dans son évaluation, S&P met l’accent sur un profil d’endettement jugé encore soutenable, en grande partie grâce à la prévalence de financements concessionnels qui allègent la charge d’intérêts et limitent, selon l’agence, les tensions immédiates sur les finances publiques. Cette caractéristique du stock de dette participe à la stabilisation de la perception du risque souverain malgré un environnement international volatil.
L’agence souligne également les progrès dans la mobilisation des recettes intérieures, attribués à des réformes fiscales et douanières récemment engagées ; l’amélioration des rentrées non pétrolières est considérée comme un levier essentiel pour renforcer la résilience budgétaire et réduire progressivement la dépendance aux revenus du pétrole.
Points clés de l’analyse et risques identifiés
S&P relève que la trajectoire de croissance prévue pour 2026 repose en partie sur une montée en puissance des investissements publics et privés dans les infrastructures, ainsi que sur l’expansion du secteur des services. L’agence note que les autorités cherchent explicitement à diversifier les moteurs de croissance au-delà du secteur pétrolier, démarche intégrée au Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
Le soutien institutionnel et financier international figure également dans l’appréciation du risque : le programme approuvé avec le FMI en 2025 et l’appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux sont présentés comme des éléments structurants pour la conduite et le financement des réformes économiques. S&P cite le Plan « Tchad Connexion 2030 » comme un instrument destiné à catalyser des projets d’investissement estimés à plus de 20 milliards de dollars selon les données publiques.
Malgré ces facteurs positifs, l’agence insiste sur la vulnérabilité persistante liée à la forte dépendance aux hydrocarbures et à l’exposition aux fluctuations des cours internationaux du pétrole. Cette fragilité pèse sur la possibilité d’une amélioration rapide de la notation et demeure un facteur limitant dans l’analyse du risque souverain.
S&P précise encore que la part significative de la dette contractée à des conditions concessionnelles réduit la pression immédiate sur le service de la dette, mais que la solidité de la trajectoire budgétaire dépendra de la capacité de l’État à traduire la hausse des recettes non pétrolières et les engagements d’investissement en résultats concrets sur le terrain ; l’agence maintient ainsi la note B- avec perspective stable



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