Sénégal : Macky Sall est le candidat en plus grande difficulté pour le secrétariat général de l’ONU, selon Carlos Lopez
La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies reste ouverte, mais le premier vote indicatif du Conseil de sécurité a déjà dessiné une première hiérarchie entre les candidats. Le prochain secrétaire général de l’ONU doit être désigné en octobre, après une série de consultations destinées à mesurer les rapports de force.

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La candidate du Costa Rica, Rebeca Grynspan, est sortie en tête de ce premier scrutin informel, tandis que les deux prétendants africains, l’ancien président sénégalais Macky Sall et l’Ougandais Olara Otunnu, ont obtenu des résultats moins favorables. Pour Carlos Lopes, professeur de droit en Afrique du Sud et ancien secrétaire exécutif de la Commission économique de l’ONU pour l’Afrique, ce vote confirme plutôt qu’il ne modifie les difficultés déjà connues des candidatures africaines.
Macky Sall a recueilli six bulletins favorables, sept défavorables et deux sans opinion parmi les quinze membres du Conseil de sécurité. Son soutien officiel par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est intervenu tardivement, sans parvenir à dissiper les divisions au Sénégal et dans la sous-région, estime M. Lopes.
La candidature d’Olara Otunnu souffre, elle, d’une entrée tardive dans la compétition et d’un parcours politique jugé difficile à lire. Respecté pour son rôle historique aux Nations unies, notamment dans l’introduction du vote indicatif, l’ancien représentant permanent de l’Ouganda disposerait toutefois d’un prestige davantage associé à son passé diplomatique qu’à son influence politique actuelle.
Une rotation régionale défavorable à l’Afrique
La présence simultanée de deux candidats africains pourrait également fragiliser le continent, selon Carlos Lopes. Le principe informel de rotation régionale, qui veut que les grandes régions du monde se succèdent à la tête de l’ONU, favorise cette année l’Amérique latine et les Caraïbes, alors que l’Afrique a elle-même bénéficié de cette logique lors des nominations de Boutros Boutros-Ghali et de Kofi Annan.
En maintenant ses candidatures dans la course, l’Afrique risque de donner l’impression de remettre en cause un mécanisme dont elle a tiré avantage par le passé. Cette situation pourrait créer un précédent défavorable au continent lors de futures compétitions pour les plus hautes fonctions internationales.
Un soutien officiel de l’Union africaine à Macky Sall apparaît par ailleurs difficile à obtenir. Sur le plan institutionnel, une telle décision nécessiterait presque la convocation exceptionnelle du Conseil exécutif de l’organisation, alors qu’aucune réunion de ce type n’est prévue avant la fin du processus.
Les obstacles sont également politiques. Plusieurs grands pays africains se sont opposés à la candidature sénégalaise au nom de la rotation régionale, tandis que le Burundi, qui assurait la présidence tournante de l’Union africaine, est accusé d’avoir annoncé cette candidature sans suivre les procédures habituelles. Ces différends rendent un ralliement de l’organisation panafricaine particulièrement improbable.
Deux candidates latino-américaines en position favorable
Malgré son résultat défavorable, Macky Sall a annoncé qu’il maintenait sa candidature. Carlos Lopes juge cette décision logique, rappelant que les premiers votes servent surtout à évaluer les équilibres au sein du Conseil de sécurité et ne constituent pas encore un choix définitif.
L’ancien président sénégalais reste toutefois le candidat le plus en difficulté après cette première consultation. Il devra tenter de convaincre les membres du Conseil de sécurité alors que Rebeca Grynspan et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett apparaissent déjà parmi les prétendantes les mieux placées.
La perspective de voir une femme accéder pour la première fois au secrétariat général des Nations unies prend aussi une dimension politique croissante. Après près de huit décennies d’existence de l’organisation sans aucune femme à ce poste, de nombreux États considèrent désormais qu’une correction de cette anomalie historique est nécessaire.
Selon Carlos Lopes, Rebeca Grynspan et Carolyn Rodrigues-Birkett ont toutes deux réalisé un parcours suffisamment solide pour espérer l’emporter. Leur progression pourrait faire de cette succession la première occasion sérieuse de confier la direction de l’ONU à une femme.


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