RDC : Le gouvernement vise à relever le taux d’absorption des prêts, bloqué à 25 % depuis cinq ans

La République démocratique du Congo et la Banque mondiale ont validé, lundi 17 février 2026, un plan d’actions consolidé visant à corriger des rythmes de décaissement jugés insuffisants sur les prêts-projets. Objectif affiché : sortir d’un cycle de faibles paiements qui plombe l’exécution du portefeuille public et atteindre un taux de décaissement minimal de 30 % en 2026.

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Bloqués à 25 % depuis 5 ans, la RDC veut porter le taux d'absoption des prêts de
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SOMMAIRE

La cérémonie officielle, présidée par la vice-ministre des Finances Gracia Yamba Kazadi, a abouti à l’adoption d’une feuille de route assortie de points de contrôle périodiques entre les équipes congolaises et les services techniques de l’institution de Bretton Woods. Le dispositif vise à accélérer la mise en œuvre opérationnelle des projets et à renforcer le suivi des étapes clefs jusqu’aux paiements.

Selon Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale en RDC, le pays n’a pas dépassé un taux de décaissement de 25 % au cours des cinq dernières années et affichait 22 % pour les projets en cours en 2025. Le portefeuille financé par la Banque mondiale est passé d’environ 3 milliards de dollars en 2020 à plus de 8 milliards aujourd’hui, une expansion qui met en lumière des problèmes d’absorption et d’exécution.

Contenu du plan, montants concernés et mesures opérationnelles

Le plan, issu d’une session technique tenue le 12 novembre 2025, couvre 22 projets représentant un financement global de 1,4 milliard de dollars. Les secteurs des infrastructures et de l’éducation concentrent plus d’un tiers des moyens alloués : environ 250 millions de dollars destinés aux infrastructures et près de 300 millions pour les programmes d’éducation et de développement des compétences.

Les diagnostics partagés par les partenaires pointent plusieurs freins récurrents : complexification des projets, lenteurs dans les procédures de passation des marchés et dans l’obtention des non-objections, capacités limitées des unités de gestion de projets (UGP), et risques sécuritaires persistants, en particulier dans l’Est du pays. Ces éléments pèsent sur la capacité d’absorption des fonds et ralentissent les décaissements malgré des besoins sociaux importants.

Pour remédier à ces insuffisances opérationnelles, la vice-ministre Gracia Yamba Kazadi a proposé des mesures ciblées. Sur le plan des ressources humaines, elle recommande le renforcement des équipes projets par la formation continue et l’intégration de jeunes diplômés pour accroître les capacités techniques des UGP. Sur la préparation des opérations, elle plaide pour une meilleure préparation en amont des dossiers afin de lancer les appels d’offres dès l’entrée en vigueur des financements.

Au niveau institutionnel, la feuille de route préconise une implication plus systématique du gouvernement dans la validation des accords de cofinancement, l’organisation d’ateliers de redevabilité pour préciser les rôles et responsabilités de chaque acteur, ainsi que l’intégration systématique de l’analyse des risques sécuritaires dès la conception des projets. Elle recommande enfin l’adoption de modalités contractuelles privilégiant les approches basées sur les résultats

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