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RDC : Kinshasa pourrait accueillir des migrants afghans expulsés par les États‑Unis

Les autorités américaines envisagent de transférer vers l’Afrique subsaharienne plus d’un millier de ressortissants afghans actuellement hébergés au Qatar, selon des acteurs humanitaires et diplomatiques. Des négociations auraient été menées ces derniers mois avec plusieurs capitales du continent, la République démocratique du Congo (RDC) étant citée parmi les destinations potentielles par la coalition humanitaire AfghanEvac.

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RDC: Kinshasa pourrait-elle accueillir des migrants afghans expulsés par les États-Unis ?
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La population concernée approche les 1 100 personnes : d’anciens interprètes pour les forces américaines, d’ex-militaires des unités spéciales afghanes et des proches de soldats américains, dont environ 400 enfants. Ces familles ont été évacuées par les États-Unis après la chute de Kaboul en 2021 et regroupées sur une ancienne base américaine au Qatar.

Initialement, ces personnes croyaient n’être que de passage, en attente d’un regroupement aux États-Unis — promesse de l’administration précédente qui avait facilité l’arrivée d’un grand nombre d’Afghans après l’effondrement du régime. Mais la donne a changé avec le retour au pouvoir d’une nouvelle administration à Washington, qui a suspendu les admissions et annoncé son intention de fermer le camp qatari, laissant ces déplacés dans une situation précaire.

Face à cet impasse, la Maison Blanche a intensifié les démarches pour identifier des pays tiers susceptibles d’accueillir ces évacués, ouvrant la voie à des propositions de relocalisation hors du Golfe.

Des candidatures africaines et des divisions sur la nature des transferts

Selon des documents parlementaires et des sources proches du dossier, un rapport sénatorial publié en février 2026 évoque une centaine de transferts déjà opérés vers des pays tiers et chiffre à plus de 40 millions de dollars le coût estimé de ces opérations, incluant des paiements vers certains gouvernements africains cités comme le Rwanda, la Guinée équatoriale ou l’Eswatini.

Cette stratégie suscite l’opposition d’organisations de défense des réfugiés qui dénoncent une relocalisation contrainte plutôt qu’un véritable processus de réinstallation durable. AfghanEvac s’inquiète en particulier d’une éventuelle arrivée en RDC, estimant que déplacer ces personnes vers des zones en proie à des tensions ne garantit ni leur sécurité ni une perspective d’intégration sereine.

Le département d’État, interrogé par des agences de presse, a présenté ces mouvements comme des options de « réinstallation volontaire » depuis le camp d’As‑Sayliyah, soulignant que le transfert vers un pays tiers permettrait à ceux qui le souhaitent de reconstruire leur vie hors d’Afghanistan tout en répondant aux préoccupations sécuritaires américaines.

Parallèlement, la RDC a déjà accueilli début avril un premier groupe de migrants en provenance des États-Unis : quinze personnes originaires du Pérou, de Colombie et d’Équateur sont arrivées le 16 avril à Kinshasa après un vol organisé depuis le territoire américain. Plusieurs d’entre eux ont raconté avoir été bouleversés par la nouvelle mesure, évoquant des traitements dégradants pendant leur expulsion.

La livraison de ces migrants fait suite à un accord migratoire liant Kinshasa et Washington. Si les autorités congolaises indiquent que ces transferts sont temporaires — un séjour estimé entre trois et six mois avant un rapatriement vers leur pays d’origine — la décision a provoqué des réactions politiques dans les pays d’origine, certains dirigeants exigeant le retour immédiat de leurs ressortissants.

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