Bénin : « on soigne d’abord, on discute après », Wadagni passe à l’acte pour les urgences vitales
Dix jours seulement après son investiture, Romuald Wadagni a engagé une première mesure forte de son mandat dans le secteur de la santé. Le gouvernement a décidé d’allouer un milliard de francs CFA aux hôpitaux publics pour permettre la prise en charge immédiate des urgences vitales, sans paiement préalable ni blocage administratif.

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Dix jours après son investiture, le président Romuald Wadagni a traduit en acte administratif la promesse de campagne la plus mémorable de son projet de société présenté au Palais des Congrès de Cotonou le 21 mars 2026. Le Conseil des ministres du mardi 3 juin a décidé d’allouer une dotation exceptionnelle d’un milliard de francs CFA (environ 1,5 million d’euros) aux hôpitaux publics, afin de leur permettre de constituer les stocks d’intrants nécessaires à la prise en charge immédiate des urgences vitales sans condition préalable de paiement.
En campagne, Wadagni avait décrit la réalité des urgences en ces termes : « Aujourd’hui, quand vous avez une urgence vitale et que vous allez dans les hôpitaux, on exige de vous de payer d’abord. Ne serait-ce que les formalités administratives pour voir qui vous êtes peuvent vous faire perdre la vie. » Il avait formulé l’engagement en une formule directe : « Désormais, de façon systématique, automatique, pour les urgences vitales, on vous soigne d’abord. Il n’y aura plus, au Bénin, de décès lié au fait qu’on attend de faire des formalités, on attend de payer, on attend d’amener la facture, non. »
La décision du 3 juin traduit cet engagement en mécanisme opérationnel concret. Sur toute l’étendue du territoire national, les formations sanitaires publiques devront être en mesure d’accueillir et de prendre en charge sans délai tout patient dont le pronostic vital est engagé, quelles que soient sa capacité de paiement et les formalités administratives. Le milliard alloué constitue le financement de départ des stocks – médicaments, consommables, équipements de réanimation – nécessaires pour que les équipes soignantes puissent agir dès l’arrivée du patient sans être freinées par l’absence d’approvisionnement.
Une promesse inscrite au coeur du projet de société
La prise en charge systématique des urgences vitales figurait dans le programme officiel de Wadagni publié sur son site de campagne wadagni.bj au titre des « innovations majeures » du secteur sanitaire, au côté du dossier patient électronique, du renforcement des ambulances et de la construction d’un centre hospitalier international à Parakou. Le modèle retenu est celui du « paiement différé » : le patient est soigné d’abord, le règlement intervient ultérieurement selon ses capacités.
La mesure répond à une réalité documentée par des études sur l’accès aux soins au Bénin : le refus de prise en charge pour insuffisance de paiement préalable dans les établissements publics est un facteur de décès évitable identifié par l’Organisation mondiale de la santé dans ses évaluations du système de santé béninois. Le taux de couverture maladie universelle au Bénin reste parmi les plus faibles de la sous-région, une part significative de la population n’ayant accès à aucun mécanisme d’assurance maladie.
La séquence du mandat en matière de santé
La dotation d’un milliard constitue une mesure d’amorçage, pas un financement pérenne. Son inscription dans une politique durable supposera la révision des protocoles d’accueil dans les formations sanitaires, la formation du personnel aux nouvelles procédures et la mise en place du mécanisme de recouvrement différé annoncé en campagne. Ces chantiers relèvent du ministère de la Santé dirigé par Ibrahima Sy, maintenu dans ses fonctions depuis le gouvernement Sonko.
Parmi les autres engagements du programme santé : le déploiement de 250 ambulances, de 2 IRM et de 7 scanners sur l’ensemble du territoire, la généralisation d’un dossier patient électronique et la création d’un SAMU social. La décision du 3 juin est la première concrétisation mesurable du septennat dans ce secteur.


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