RDC : 100 millions USD pour créer une garde minière paramilitaire financée par les États-Unis et les Émirats
La République démocratique du Congo a lancé la création d’une garde minière paramilitaire financée à hauteur de 100 millions de dollars (56,11 milliards FCFA) par des partenaires étrangers, principalement les États‑Unis et les Émirats arabes unis, afin de sécuriser les sites d’extraction et les chaînes logistiques des minerais stratégiques; un premier contingent de 2 500 à 3 000 hommes doit être déployé dès décembre 2026 après recrutement et six mois de formation en coopération avec l’armée.

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Acteur majeur sur les marchés mondiaux du cobalt, du cuivre, du coltan et émergent sur celui du lithium, le pays fait face à une insécurité récurrente dans ses zones minières. La présence de groupes armés, les réseaux de contrebande et les difficultés de contrôle des itinéraires d’acheminement compromettent les recettes publiques et constituent un frein à l’attraction d’investissements étrangers.
La nouvelle unité aura pour missions affichées la sécurisation des sites, l’escorte des convois de minerais et la protection des infrastructures critiques jusqu’ici assurées en grande partie par les forces armées régulières; elle est aussi conçue pour améliorer la traçabilité des ressources et réduire les circuits illicites qui privent l’État de recettes.
Déploiement, financement et enjeux internationaux
Le déploiement est prévu en plusieurs phases. Après une première vague de formation conjointe avec des cadres militaires sur une durée de six mois, Kinshasa table sur un effectif supérieur à 20 000 agents d’ici 2028, ce qui ferait de la garde minière l’un des dispositifs spécialisés de plus grande envergure en Afrique. Les autorités précisent vouloir professionaliser la gestion des sites en confiant à une force dédiée des missions opérationnelles spécialisées.
Le financement initial annoncé — 100 millions de dollars — provient de partenariats bilatéraux impliquant notamment Washington et Abu Dhabi. Dans un contexte de compétition pour les minerais critiques, les États‑Unis cherchent à diversifier leurs approvisionnements et à réduire la dépendance aux chaînes dominées par d’autres puissances. Des accords récents entre Kinshasa et des partenaires occidentaux ont déjà débouché sur des investissements directs et des opérations de prise de contrôle d’actifs
Parmi les opérations citées par des sources économiques figurent des mouvements de capitaux vers des sociétés opérant dans le secteur minier congolais, y compris la prise de contrôle de certaines structures par des groupes étrangers, ainsi que l’intérêt accru d’acteurs occidentaux pour des concessions et des unités de transformation, mesures accompagnées de soutien technique et financier pour améliorer la traçabilité et la conformité des flux de minerais



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