Projet de société de Romuald Wadagni: six pôles de développement pour réorganiser l’action publique
Avec la présentation de son projet de société, Romuald Wadagni met en avant une architecture de développement qui rompt avec la logique uniforme de l’action publique. Le cœur de sa proposition repose sur une territorialisation assumée des politiques publiques, structurée autour de six pôles de développement correspondant à l’ancien découpage départemental du Bénin.


L’option retenue consiste à redonner une cohérence stratégique aux territoires. Le pays serait organisé en six grandes régions, chacune dotée d’un plan de développement propre. Ces plans ne seraient pas de simples déclinaisons locales d’une politique centrale, mais des feuilles de route construites à partir des ressources, des potentialités et des contraintes spécifiques de chaque région. L’ambition affichée est claire : sortir d’une planification abstraite pour ancrer l’action de l’État dans les réalités économiques et sociales locales.
Pour piloter ce dispositif, des autorités régionales seraient désignées avec une responsabilité directe sur la mise en œuvre des plans. Leur mission ne se limiterait pas à l’exécution administrative, mais inclurait la coordination des investissements, l’arbitrage des priorités et l’évaluation des résultats. Le développement régional devient ainsi un enjeu de gouvernance, avec des objectifs mesurables et une obligation de performance.
Cette différenciation territoriale n’exclut toutefois pas une vision nationale structurante. En parallèle des spécificités régionales, le projet prévoit des programmes transversaux obligatoires dans chaque pôle. Le tourisme, l’innovation, l’industrialisation et le numérique constituent le socle commun de cette stratégie. Ces secteurs sont présentés comme des leviers systémiques, capables de créer de la valeur, de l’emploi et de l’attractivité quel que soit l’espace concerné.
À travers ce schéma, Romuald Wadagni défend une conception plus fonctionnelle de l’État, où le centre fixe les orientations stratégiques pendant que les territoires deviennent des moteurs d’exécution et d’initiative. Le pari est politique autant que technique : faire du développement régional un outil de cohésion nationale, tout en responsabilisant davantage les acteurs locaux. Reste désormais à convaincre que cette nouvelle géographie de l’action publique pourra dépasser le stade de l’ingénierie institutionnelle pour produire des résultats tangibles sur le terrain.



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