Nagui incendié par Sophia Aram dans une lettre ouverte
Le 18 mars 2026, l’humoriste et chroniqueuse Sophia Aram a publié dans Le Point une lettre ouverte à Nagui, producteur et animateur de France Inter, pour dénoncer ce qu’elle juge être une accusation d’« islamophobie » portée à son encontre lors d’une chronique diffusée le 12 mars 2026 et, selon elle, relayée voire approuvée par l’animateur. Dans ce texte, Aram met en garde contre la portée de cette étiquette et rappelle que, dans un contexte marqué par des attentats et des assassinats visant des personnalités publiques, de telles désignations peuvent avoir des conséquences graves.

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L’élément déclencheur de la lettre est la chronique du 12 mars au cours de laquelle Julie Conti, chroniqueuse, a qualifié Sophia Aram d’« islamophobe ». Sophia Aram juge cette accusation non seulement infondée mais également dangereuse. Elle affirme que la manière dont cette qualification a été formulée et accueillie sur l’antenne traduit, à ses yeux, une responsabilité partagée par la structure de production et ceux qui animent l’émission.
Dans sa lettre, Sophia Aram replace l’accusation dans un cadre plus large en rappelant le poids et les risques attachés à la stigmatisation publique. Elle écrit que cette désignation a, selon elle, « déjà fait couler beaucoup de sang » en évoquant les affaires de Charlie Hebdo, de Samuel Paty et de Dominique Bernard pour souligner la gravité selon laquelle certaines paroles peuvent être reçues et instrumentalisées. Par ailleurs, elle évoque une série d’attaques répétées à son endroit — noms et épisodes qu’elle détaille — et qualifie l’ensemble de comportements hostiles dont elle se dit victime de « meute ».
La lettre met en cause la responsabilité éditoriale et personnelle de Nagui
Sophia Aram s’adresse ensuite directement à Nagui, rappelant qu’ils se connaissent depuis plus de vingt ans et qu’elle a partagé avec lui des souvenirs de situations humiliantes subies en milieu professionnel. Elle cite une conversation antérieure au cours de laquelle Nagui lui aurait confié l’humiliation ressentie lorsque « la bande de Charline » avait ironisé sur sa fortune dans une chanson diffusée à l’antenne. À partir de cet échange, Aram écrit : « je sais que tu mesures parfaitement ce que cela fait d’être mis en cause par des collègues ».
La chroniqueuse en tire une accusation explicite sur la responsabilité de Nagui dans l’émission du 12 mars : elle affirme ne voir « aucun doute […] sur ta responsabilité, ni sur ton adhésion consciente et joyeuse à des accusations aux conséquences potentiellement bien plus graves que les moqueries dont tu te plaignais ». Elle cite également des épisodes antérieurs qu’elle impute à Mehdi Meklat, au harcèlement qu’elle dit avoir subi de la part de « la bande de Charline » sur France Inter puis sur Radio Nova, et aux insultes qu’elle attribue au chroniqueur Merwane Benlazar.
Enfin, Sophia Aram interroge publiquement la ligne éditoriale de l’émission en demandant si « le harcèlement entre collègues et l’accusation d’islamophobie font partie ou non d’une ligne éditoriale que tu tolères en tant que producteur ? ». La lettre se termine par la mention « confraternellement », placée par l’auteure après la série d’accusations et d’interpellations adressées à Nagui.



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