Maroc : Jabaroot diffuse des fichiers présentés comme ceux de 70 000 agents des services de sécurité
Le Monde a signalé le 26 août 2026 une mise en ligne attribuée au groupe Jabaroot, tandis que Medias24 estime qu'une large part des fichiers pourrait relever d'un assemblage de données déjà compromises.


Le groupe Jabaroot a diffusé le 24 août 2026 des fichiers présentés comme concernant plus de 70 000 membres des services marocains de sécurité et de renseignement. Le Monde a rapporté le 26 août l’ampleur de cette mise en ligne, en relevant qu’elle touchait des noms d’agents de la police et du renseignement. L’authenticité complète des données et l’existence d’une nouvelle intrusion distincte ne sont toutefois pas établies publiquement.
Selon Le Monde, la publication intervient dans le sillage de la crise migratoire de Ceuta et serait liée, d’après l’hypothèse rapportée par le quotidien, à cinq anciens agents marocains exilés en Europe. Jabaroot affirme de son côté avoir agi après cette crise et accuse des responsables sécuritaires marocains d’y avoir joué un rôle. Cette accusation reste au stade d’allégation et n’est pas étayée par des preuves indépendantes accessibles.
Medias24 défend une lecture beaucoup plus prudente de l’affaire. Le média marocain estime qu’une grande partie des fichiers relève d’un assemblage de données déjà compromises, plutôt que d’une fuite entièrement nouvelle. Il avance aussi que l’écrasante majorité des noms concernerait surtout des personnels de la Direction générale de la sûreté nationale, ce qui éloigne le récit d’une liste homogène de 70 000 « espions ».
The Objective affirme pour sa part avoir recoupé au moins cinq noms figurant dans les fichiers avec ceux de membres de l’ambassade du Maroc à Madrid. Le journal espagnol présente ce recoupement limité comme un indice de correspondance sur une partie de la liste, sans valider pour autant l’ensemble du corpus mis en circulation.
Jabaroot dispose par ailleurs d’un canal Telegram public utilisé pour diffuser ses publications. Ce canal a servi de point d’appui à la circulation des fichiers mis en ligne le 24 août, tandis que les éléments publiquement rapportés continuent d’opposer la revendication d’une fuite massive à l’hypothèse d’un recyclage partiel de données plus anciennes.


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