Mali : le FMI approuve un décaissement immédiat de 129 millions USD
Les autorités maliennes ont annoncé, dans une note publiée le 17 avril, l’approbation par le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) d’un décaissement immédiat de 129 millions de dollars, soit plus de 72 milliards de FCFA, au titre du guichet « choc exogène » de la Facilité de crédit rapide (FCR).

SOMMAIRE

Cette décision fait suite à une mission d’évaluation du programme de référence conclu entre Bamako et le FMI. Selon le document gouvernemental, l’institution financière estime que le Mali a atteint l’ensemble des objectifs quantitatifs et indicatifs prévus par l’accord et a progressé dans la mise en œuvre de réformes structurelles considérées comme essentielles.
Le contexte retenu par le FMI pour ce soutien est marqué par une succession de chocs exogènes : aléas climatiques avec des inondations ayant endommagé les infrastructures et perturbé la production agricole, défis sécuritaires persistants, tensions humanitaires et hausse des déplacements internes. Ces éléments ont pesé sur la situation macroéconomique et la sécurité alimentaire, tout en limitant l’accès à des financements extérieurs.
Modalités du décaissement et engagements des autorités maliennes
Le montant débloqué vise prioritairement à soutenir la balance des paiements et à préserver la stabilité macroéconomique à court terme, alors que le pays fait face à des tensions sur les financements extérieurs. Le financement est canalisé via la Facilité de crédit rapide, instrument du FMI destiné aux pays à faible revenu confrontés à des chocs exogènes sévères.
Le programme de référence s’étend sur onze mois et fixe un cadre pour les actions prioritaires du gouvernement. Il s’articule autour de trois axes principaux : renforcer la résilience économique face aux chocs, améliorer la gouvernance des finances publiques et renforcer les mécanismes de protection sociale pour les populations les plus vulnérables.
Sur le plan budgétaire, Bamako s’est engagé à améliorer la gouvernance budgétaire et la gestion des finances publiques. Les mesures annoncées incluent une mobilisation accrue des ressources domestiques, par l’élargissement de l’assiette fiscale et le renforcement des administrations fiscales et douanières, afin de préserver la viabilité des finances publiques dans un contexte de coûts d’emprunt élevés et de marges de manœuvre limitées.
Le gouvernement a également pris des engagements pour accroître l’efficience des dépenses publiques et traiter les vulnérabilités des entreprises publiques. La situation de la société d’électricité EDM est explicitement citée comme exemple des défis à corriger en matière de gouvernance et de performance opérationnelle.
La dimension sociale figure au cœur des priorités : les autorités prévoient de renforcer les dispositifs de protection sociale et de intensifier les actions contre l’insécurité alimentaire pour atténuer l’impact des chocs sur les populations fragiles. Par ailleurs, le traitement des arriérés intérieurs et extérieurs est identifié comme un chantier majeur.
Le FMI conditionne la poursuite de son appui à l’adoption d’un plan d’apurement des arriérés, transparent et crédible à moyen terme, considéré comme nécessaire pour restaurer la confiance des partenaires économiques et financiers



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