Lisa Blum, ancienne première partie de Patrick Bruel, dit « J’ai des hauts le cœur » après son « rêve éveillé »
Lisa Blum, ancienne première partie de Patrick Bruel en 2013, a publié le 11 juin 2026 des photos de coulisses accompagnées d’un témoignage exprimant son dégoût, à la veille et au lendemain de la mise en examen du chanteur pour viols, tentative de viol, agressions sexuelles et harcèlement sexuel, des faits qu’il conteste et pour lesquels il demeure présumé innocent.

SOMMAIRE

Sur Instagram, la réalisatrice et musicienne se remémore un été 2013 vécu « comme un rêve » lorsqu’avec son groupe Éléphant Musique elle assurait les premières parties à Bercy puis aux Francofolies de La Rochelle, quelques semaines après la sortie de leur premier album. Treize ans plus tard, en regardant des photos prises dans les coulisses, Lisa Blum écrit avoir ressenti « le vertige » à l’idée que l’homme souriant devant l’objectif « peut‑être qu’il agressait une femme pas loin, tout près » à ce moment‑là.
La prise de parole de l’artiste intervient dans le contexte judiciaire ouvert depuis le 10 juin 2026, date à laquelle Patrick Bruel a été mis en examen après 48 heures de garde à vue. Le dossier, qui concerne une trentaine de plaignantes selon les informations publiques, porte sur des faits commis entre 2008 et 2019 dans quatre affaires distinctes. Le parquet de Nanterre examine par ailleurs la prescription de treize autres plaintes couvrant la période 1992‑2008. Bruel est ressorti libre sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire français.
Un « rêve éveillé » qui vire au malaise
Lisa Blum, récipiendaire de la Saladelle d’or au festival Écran Libre pour son court‑métrage Milkshake, détaille dans sa publication le contraste entre l’éclat du souvenir et le regard qu’elle porte aujourd’hui sur ces mêmes images. Elle explique que le sentiment dominant est désormais l’idée qu’une femme « n’était pas protégée comme j’ai eu la chance de l’être » alors qu’elle se trouvait dans les mêmes coulisses.
Dans sa publication, elle avance une explication sociale à cette différence de traitement : selon elle, la protection dont elle a bénéficié proviendrait du fait d’être signée sur le même label que l’artiste. « Si j’ai eu la chance de ne pas faire partie de ses victimes, c’est uniquement parce que j’étais signée dans le même label que lui, et donc ‘protégée’ en quelque sorte », écrit‑elle.
Lisa Blum confie par ailleurs l’intensité physique de sa réaction : « Quand je pense à ça, j’ai des hauts le cœur. Les agresseurs choisissent leurs proies en fonction d’où elles se trouvent dans la société. Cette injustice pyramidale est absolument insupportable », rapporte‑t‑elle dans le même post, en appelant les personnes concernées à continuer à témoigner.
La publication de l’artiste s’inscrit dans une série de prises de parole publiques depuis la révélation des plaintes et la mise en examen du chanteur, qui a suscité plusieurs réactions dans le milieu artistique et médiatique. Bruel conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés et reste présumé innocent.
Dans son message adressé aux plaignantes et à celles qui pourraient l’être, Lisa Blum écrit : « Mesdames, mesdemoiselles, je vous en supplie, continuez à parler, à dire, à dénoncer, continuez à raconter, on en a besoin ».


Commentaires