Les nouveaux piliers de la finance africaine : rentabilité, cybersécurité et digitalisation

La finance africaine amorce un tournant : après dix ans d’expansion rapide et de digitalisation intensive, le secteur entre dans une phase de « croissance rationalisée », où la recherche de rentabilité, la maîtrise des risques et la cybersécurité s’imposent comme priorités. C’est l’un des enseignements majeurs de la 5e édition du Baromètre de l’Industrie Financière Africaine, publié par Deloitte et l’Africa Financial Summit (AFIS) le 6 février 2026, basé sur une enquête menée auprès de plus de 70 établissements financiers.

ECONOMIE
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Les nouveaux piliers de la finance africain
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SOMMAIRE

L’étude a interrogé des banques, assurances, fintechs, institutions de microfinance et acteurs des marchés de capitaux, dressant le portrait d’un écosystème plus mature et moins porté sur la seule conquête de parts de marché. Les dirigeants évaluent à 8 sur 10 les perspectives économiques de leur organisation à trois ans, un indicateur en hausse par rapport à 2024, reflet d’une amélioration macroéconomique et d’un recul de l’inflation sur plusieurs marchés africains.

Les segments présentent des dynamiques distinctes : les institutions de microfinance affichent la plus forte confiance, suivies des assureurs et des fintechs. Les grands groupes panafricains, grâce à une diversification accrue, apparaissent plus résilients que certains acteurs internationaux et certains marchés de capitaux, encore soumis à une volatilité prononcée.

Priorités stratégiques, risques numériques et intégration

Le baromètre souligne un recentrage stratégique : près de la moitié des établissements placent aujourd’hui la rentabilité au sommet de leurs objectifs. Trois axes structurants émergent des plans de transformation : la performance financière (84 %), l’amélioration de l’expérience client (85 %) et la transformation digitale (81 %), des niveaux supérieurs à ceux relevés en 2024.

Les indicateurs de performance montrent des signes positifs — amélioration des marges, du rendement des fonds propres (ROE) et des actifs (ROA) — mais ces gains restent fragiles face à des pressions coûts accrues, notamment liées au recrutement de talents, aux investissements technologiques et aux contraintes réglementaires.

La cybersécurité se détache comme un risque systémique : plus de la moitié des institutions se déclarent fortement exposées aux menaces numériques, une progression marquée en un an. Si la plupart disposent d’outils de détection, le Baromètre met en évidence un déficit dans les capacités de réaction et de résilience, poussant les dirigeants à réclamer des cadres réglementaires renforcés.

La digitalisation s’est imposée comme condition d’existence : plus d’une institution sur deux se considère comme digitalement mature, avec une avance persistante des fintechs et une progression rapide des assureurs. L’intelligence artificielle est adoptée pour la lutte contre la fraude, l’analyse du risque crédit, l’optimisation des processus internes et la personnalisation de l’offre client.

Sur le plan régional, le système panafricain de paiement PAPSS gagne en crédibilité et commence à produire des effets concrets sur les coûts et les délais des transactions transfrontalières. L’interopérabilité des systèmes de paiement figure parmi les chantiers prioritaires à l’horizon 2030, visant à connecter les comptes bancaires et wallets mobile money sur le continent.

En matière d’inclusion financière, microfinances et fintechs restent les moteurs principaux, tandis que les assureurs multiplient les partenariats avec les opérateurs télécoms pour atteindre les populations peu couvertes. L’approche ESG évolue : l’investissement à impact se développe mais l’intégration systémique des critères ESG montre des signes de ralentissement, tandis que la parité progresse avec un nombre croissant d’institutions adoptant des politiques et des indicateurs dédiés

Les auteurs du Baromètre identifient la maîtrise des coûts, la qualité des données, l’interopérabilité et la cybersécurité comme les principaux défis auxquels est confronté un écosystème en cours de consolidation

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