La plupart des victimes de guerre en Afghanistan abandonnées «sans justice», selon l’ONU

Un rapport de la Mission des Nations unies en Afghanistan (Unama), fondé sur des entretiens avec 195 victimes du conflit 2001-2021, montre que la grande majorité d’entre elles n’a obtenu ni justice ni réparation, et souffre encore de séquelles psychologiques et physiques durables.

ACTUS
0 vues
2 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

La plupart des dizaines de milliers de victimes civiles du conflit armé en Afghanistan entre 2001 et 2021 restent sans justice ni reconnaissance de leurs souffrances, selon un rapport publié mardi 1er septembre 2026 par la Mission des Nations unies en Afghanistan (Unama).

L’organisation onusienne a mené des entretiens avec 195 victimes et proches de victimes pour évaluer les conséquences durables du conflit qui a opposé, entre 2001 et le retour au pouvoir des talibans le 15 août 2021, les forces afghanes et la coalition internationale menée par les États-Unis aux insurgés talibans et au groupe jihadiste État islamique. Au moins 40 000 civils ont été tués et 77 000 blessés au cours de ce conflit, l’essentiel de ce bilan étant recensé par l’Unama entre 2009 et 2021.

Dans son rapport, l’Unama indique que 95 % des personnes interrogées font état de séquelles psychologiques persistantes — dépression, anxiété, souvenirs traumatiques récurrents — et que 58 % souffrent encore de blessures physiques ou de douleurs chroniques.

Plus de la moitié des victimes (55 %) n’a jamais tenté d’obtenir justice, réparation ou reconnaissance, par crainte de représailles ou par conviction que leurs démarches ne seraient pas prises au sérieux. Parmi celles qui ont engagé des démarches, 64 % affirment ne pas avoir obtenu de résultat, invoquant des obstacles administratifs, une absence de réponse ou un manque de transparence.

Compensation financière et accès à la justice réclamés

Interrogées sur leurs priorités, 81 % des victimes citent la compensation financière comme principal besoin, 48 % l’accès à la justice et 47 % des mesures de prévention pour éviter de nouvelles violences. « Les entretiens que nous avons menés montrent l’ampleur du traumatisme collectif qui perdure », a déclaré Georgette Gagnon, représentante spéciale adjointe de l’Unama.

L’Unama appelle les autorités de facto afghanes à mettre en place des programmes complets d’assistance et de réparation pour les victimes, et exhorte les États membres des Nations unies à orienter leur aide humanitaire en fonction des priorités exprimées par les personnes concernées.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
12:32 La plupart des victimes de guerre en Afghanistan abandonnées «sans justice», selon l’ONU