Ghana : GoldBod pilote la montée à 127 tonnes d’or artisanal par an
Le Ghana a annoncé un plan ambitieux pour intégrer l’or artisanal aux circuits officiels, avec l’objectif d’acheminer 127 tonnes par an et de mobiliser plus de 20 milliards de dollars de recettes potentielles pour renforcer les réserves de change. En 2025, la production artisanale a atteint un record de 96,4 tonnes, en hausse de 60 % sur un an, dépassant pour la première fois la production des mines industrielles. Le Ghana Gold Board (GoldBod) est désigné comme l’opérateur central de ce dispositif, chargé d’acheter chaque semaine au moins 2,45 tonnes d’or issu de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASM).

SOMMAIRE
Les chiffres nationaux pour 2025 font apparaître une production totale d’environ 186 tonnes d’or, plaçant le Ghana en tête des producteurs africains. Les mines industrielles ont maintenu une production proche de 2,9 millions d’onces — soit environ 90 tonnes — tandis que l’ASM a connu une accélération marquée. Selon l’ONG Swissaid, des fuites vers des hubs internationaux, notamment Dubaï, auraient privé le pays de 11,4 milliards de dollars entre 2019 et 2023, un élément cité par les autorités pour justifier la formalisation du secteur.
Le ministre ghanéen des Finances, Cassiel Ato Forson, a précisé que le GoldBod assumera, à partir de mars, la responsabilité complète des contrats d’achat et de la vente de l’or artisanal acquis via les circuits officiels. Cette prise en main opérationnelle s’inscrit dans une série de réformes engagées depuis 2024 visant à réduire l’économie informelle autour de l’or et à canaliser les recettes vers les comptes publics.
Mécanismes financiers, traçabilité et incitations pour réduire la contrebande
Pour garantir un approvisionnement régulier et absorber les fluctuations du marché, le GoldBod constituera des stocks stratégiques représentant trois à quatre semaines d’achats. Le financement de ces réserves reposera en partie sur des levées de fonds dédiées. L’organisme prévoit l’utilisation d’instruments dérivés et de couvertures pour limiter l’exposition au risque de prix sur les marchés internationaux.
Un volet clé du dispositif est un protocole en cours de finalisation avec la Banque du Ghana : toutes les devises issues des exportations officielles de l’or ASM seraient vendues exclusivement à la banque centrale à un taux convenu, afin d’alimenter directement les réserves internationales. Les modalités exactes de cette cession de devises et les échéances de mise en œuvre ont été annoncées par les autorités comme composantes du programme de stabilisation macroéconomique.
Pour rendre le canal officiel compétitif face aux circuits informels, le GoldBod envisage d’acheter à prix spot mondial et d’appliquer des primes pour les mineurs agréés. Cette mesure doit s’accompagner du renforcement des systèmes de traçabilité, d’initiatives environnementales et de contrôles renforcés sur les sites d’exploitation.
Parmi les autres mesures prévues figurent le développement des capacités locales de raffinage et des réformes fiscales destinées à réduire les coûts d’exploitation pour les mineurs artisanaux. Les autorités tablent sur la formalisation de la production ASM pour augmenter les recettes fiscales, améliorer la gouvernance du secteur et limiter les sorties illicites de métaux précieux.
Les premiers achats hebdomadaires obligatoires et la mise en place des stocks opérationnels sont programmés pour débuter dès le mois de mars, sous la responsabilité directe du GoldBod, conformément aux annonces ministérielles

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