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Frontière Bénin-Niger : Toumba annonce une réouverture progressive sous surveillance

Réunis à Cotonou autour des conditions de réouverture de la frontière commune, les experts béninois et nigériens ont achevé leurs travaux sur une note d’apaisement. À la clôture des discussions, le général Mohamed Toumba a salué des engagements communs sur la sécurité, le transit, les charges et les contentieux, tout en appelant à franchir désormais « avec méthode et persévérance » la porte ouverte par le dialogue.

DIPLOMATIE
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le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba
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SOMMAIRE

Les discussions de Cotonou sur la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger se sont achevées sur un ton d’apaisement. À la clôture des travaux, le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État nigérien de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a salué un accord de principe autour des enjeux sécuritaires, économiques et juridiques. Mais il a surtout insisté sur une idée : le dialogue a permis de rouvrir une perspective entre deux pays longtemps engagés dans une crise de confiance.

« Nous avons ouvert une porte ; il nous faut maintenant la franchir ensemble avec méthode et persévérance », a déclaré le général Toumba, dans une formule qui résume l’esprit de la rencontre. Pour le responsable nigérien, les échanges de Cotonou ont permis de dépasser le simple constat des divergences pour poser les bases d’une normalisation progressive entre Niamey et Cotonou.

La priorité sécuritaire au cœur des engagements

Dans son intervention, le général Toumba a d’abord salué « la qualité des échanges », « la profondeur des analyses » et « la courtoisie » qui ont marqué les débats entre les deux délégations. Selon lui, les engagements pris au départ ont été respectés.

« Nous avons tenu notre engagement. Nous avons verrouillé la priorité sécuritaire », a-t-il affirmé, rappelant que la question de la sécurité reste centrale dans le processus de réouverture de la frontière commune.

Depuis la fermeture de la frontière à la suite du coup d’État de juillet 2023 au Niger, Niamey a régulièrement mis en avant des préoccupations sécuritaires pour justifier le maintien de la mesure. Cotonou, de son côté, a multiplié ces derniers mois les signaux de reprise du dialogue, dans un contexte régional marqué par les tensions au Sahel, la lutte contre le terrorisme et les enjeux économiques liés au corridor bénino-nigérien.

Le général Toumba a reconnu que le péril sécuritaire demeure réel, mais il a estimé que la réponse ne pouvait pas se limiter à la méfiance ou à la confrontation. « Le péril est grand, nous ne l’avons pas nié. Mais ce qui sauve, c’est la main tendue, c’est la volonté de dépasser les rancœurs », a-t-il déclaré.

Des bases économiques et juridiques posées

Au-delà du volet sécuritaire, les discussions de Cotonou ont également porté sur les questions économiques, douanières et juridiques liées à une réouverture progressive de la frontière. Le général Toumba a évoqué plusieurs principes désormais inscrits dans les engagements communs des deux parties.

Il a notamment cité l’exonération des taxes sur le transit, l’interdiction de la mise en consommation, la révision de certaines charges et le règlement des contentieux. Ces points sont déterminants pour la reprise des flux commerciaux entre les deux pays, fortement affectés par la fermeture de la frontière.

Pour le Bénin, le Niger représente un partenaire stratégique, notamment à travers le corridor de Cotonou, utilisé historiquement pour l’approvisionnement du pays sahélien. Pour le Niger, l’accès au port béninois demeure un enjeu économique majeur, en particulier dans le cadre du transport de marchandises et des exportations liées au pétrole.

Dans son discours, le général Toumba a défendu une vision pragmatique de la coopération. « La paix et la sécurité produisent plus de richesses que la conflictualité », a-t-il lancé, avant d’ajouter qu’en choisissant « le dialogue plutôt que la confrontation », les deux pays avaient créé « de la valeur pour nos économies, de la sécurité pour nos populations, de l’espoir pour notre jeunesse ».

Ratification et chronogramme de réouverture progressive

La clôture des discussions de Cotonou ne signifie toutefois pas une réouverture immédiate et totale de la frontière. Le général Toumba a clairement indiqué que le travail devait désormais se poursuivre sur le plan politique et technique.

La prochaine étape attendue est la ratification des accords par les autorités respectives des deux pays. Le ministre nigérien a souhaité que cette validation intervienne « dans les meilleurs délais ». Une fois cette étape franchie, la mise en œuvre technique des annexes devrait être confiée soit à la Commission mixte de coopération, soit à des groupes de travail dédiés.

Le chronogramme de réouverture progressive validé au cours des discussions devra, selon lui, être suivi de manière stricte, avec des évaluations périodiques. Cette approche graduelle vise à concilier la reprise des échanges avec les exigences sécuritaires formulées par les deux États.

Le général Toumba n’a pas occulté les difficultés à venir. « La route est encore longue. Les détails techniques seront à discuter. Des obstacles surgiront inévitablement », a-t-il prévenu. Mais il a estimé que les deux parties disposent désormais d’un « cadre politique solide », de « mécanismes de suivi » et d’une « volonté commune ».

En clôturant son intervention, le ministre nigérien a salué « la vision et le courage » des chefs d’État béninois et nigérien, ainsi que le travail des experts des deux délégations. Il a appelé à faire de ces engagements « le début d’une nouvelle ère » entre le Bénin et le Niger, avec la paix et la sécurité comme socles d’une coopération plus étroite.

La réouverture effective de la frontière dépend désormais des arbitrages politiques finaux et de la mise en œuvre du dispositif technique retenu à Cotonou.

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