Éthiopie : plus de 600 détenus libérés, dont des figures de l’opposition
La Commission éthiopienne des droits humains affirme que ces libérations résultent de cinq mois de démarches auprès du gouvernement. Plusieurs responsables de l’opposition figurent parmi les bénéficiaires.


L’Éthiopie a libéré le 10 septembre plus de 600 détenus à la faveur de pardons et d’abandons conditionnels de poursuites, selon la Commission éthiopienne des droits humains. Parmi eux figurent le député d’opposition Christian Tadele et Chane Kebede, ancien président du parti Ethiopian Citizens for Social Justice.
La Commission précise que le dispositif distingue les personnes déjà condamnées de celles dont les procédures étaient encore en cours. Les premières ont bénéficié de mesures de grâce prévues par la loi, tandis que certaines poursuites visant les secondes ont été abandonnées sous conditions. Les droits politiques et civils qui avaient été restreints du fait des procédures judiciaires ont également été rétablis.
L’EHRC indique avoir travaillé pendant cinq mois sur les demandes de détenus poursuivis notamment pour tentative de renversement de l’ordre constitutionnel, terrorisme ou autres infractions graves. Le Premier ministre Abiy Ahmed a accepté la requête transmise par la Commission et demandé aux institutions concernées de mettre en œuvre le processus dans le respect du droit.
Les libérations concernent des détenus relevant de la juridiction fédérale et originaires notamment des régions Amhara et Oromia. Les autorités régionales conduisent séparément leurs propres procédures. Le média The Reporter cite notamment Christian Tadele et Chane Kebede parmi les personnalités libérées.
Cette mesure intervient alors que les autorités éthiopiennes cherchent à traduire en décisions concrètes certaines recommandations du dialogue national. Dans son message du Nouvel An éthiopien, Abiy Ahmed a présenté les libérations comme une étape destinée à privilégier le règlement pacifique des différends politiques.
La Commission éthiopienne des droits humains a indiqué qu’elle poursuivrait le suivi du processus et a appelé les administrations locales, les organisations de la société civile et les autres acteurs concernés à accompagner la réintégration des personnes libérées.



Commentaires