Éthiopie : l’influence industrielle chinoise au cœur de la mobilité électrique

L’Éthiopie a pris un tournant majeur en privilégiant les solutions électriques pour alléger sa dépendance aux énergies importées. La décision, rapidement mise en œuvre, ne se limite pas à un simple changement de motorisation : elle redessine les priorités économiques et urbaines du pays, tout en mettant en lumière l’emprise croissante d’acteurs industriels étrangers dans les secteurs émergents de la mobilité.

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L'Éthiopie devient la vitrine grandeur réelle de la mobilité électrique «made in China»
L'Éthiopie devient la vitrine grandeur réelle de la mobilité électrique «made in China»
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SOMMAIRE

Sur le terrain, ce virage se traduit par un déploiement accéléré de véhicules électriques, le développement de réseaux de recharge et des investissements dans des sources d’énergie renouvelable. Ces mesures visent à construire une chaîne d’alimentation énergétique plus autonome et à réduire la facture liée aux carburants fossiles.

Les répercussions économiques sont immédiates : modernisation des transports urbains, création de nouveaux segments de chaîne logistique et opportunités d’emplois dans la maintenance et l’installation des infrastructures électriques. À plus long terme, la transition offre une fenêtre pour repenser le modèle de croissance en favorisant des filières moins vulnérables aux fluctuations des marchés internationaux de l’énergie.

Cela dit, ce basculement révèle aussi une dépendance technique différente. Les véhicules, batteries et équipements viennent en grande partie d’industries étrangères, et la Chine apparaît comme un fournisseur majeur — non seulement de matériel, mais aussi de financements et de savoir-faire industriel — façonnant ainsi la manière dont se déploient ces nouvelles mobilités en Afrique émergente.

Enjeux et défis

La montée en puissance de l’électrique pose plusieurs défis simultanés : la capacité du réseau à absorber une demande supplémentaire, la nécessité d’un cadre réglementaire adapté, et la mise en place de filières de recyclage pour les batteries. Sans une stratégie publique cohérente, la transition risque de créer de nouvelles vulnérabilités plutôt que d’apporter l’indépendance recherchée.

Sur le plan industriel, l’entrée massive d’équipements importés interroge la possibilité pour les entreprises locales de monter en gamme. Entre transfert de technologies et positions dominantes des fournisseurs étrangers, se joue la capacité de l’économie éthiopienne à capter une part significative de la valeur ajoutée créée par cette révolution de la mobilité.

Enfin, au-delà des frontières nationales, l’expérience éthiopienne peut servir de modèle — ou d’avertissement — pour d’autres pays du continent. La manière dont se conjuguent investissements publics, partenariats internationaux et développement d’industries locales déterminera si cette mutation énergétique devient une source d’émancipation économique ou un nouveau degré de dépendance technologique.

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