Elizabeth II citée par des Britanniques réclamant la fin de la monarchie
À la veille des célébrations du jubilé de platine d’Élisabeth II, des campagnes d’affichage ont surgi au Royaume‑Uni réclamant la fin de la monarchie, dénonçant notamment des ingérences politiques attribuées à la souveraine et à son héritier, le prince Charles. Ces manifestations de mécontentement interviennent alors que s’ouvrent quatre jours de festivités consacrés aux 70 ans de règne de la reine.

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Des documents consultés par la presse britannique ont relancé le débat sur la neutralité politique de la couronne. Selon des mémos des archives nationales révélés par The Guardian en février 2021, la reine aurait fait usage du « Queen’s consent », procédure qui permet au monarque d’être informé et de donner son accord préalable sur des projets de loi affectant ses prérogatives ou ses intérêts privés. Ces mémos indiqueraient que ce mécanisme a servi, de manière discrète, à bloquer près de 1 000 textes avant leur examen parlementaire.
Parmi les exemples avancés figure une campagne, attribuée à la souveraine dans les années 1970, visant à contrer une législation sur la transparence qui aurait exposé l’étendue de son patrimoine. Ces révélations ont alimenté les appels de certains groupes républicains à transformer la nature de l’État britannique.
Un prince héritier controversé
Le prince Charles, qui succédera légalement à Élisabeth II, est lui aussi visé par des accusations d’intervention politique. The Guardian a rapporté des pressions exercées par le futur roi via le même mécanisme de « consentement de la reine », notamment pour empêcher, pendant des décennies, certains résidents de domaines lui appartenant d’acquérir leur logement. Ces pratiques ont contribué à entacher sa popularité auprès d’une partie de l’opinion publique.
Les sondages reflètent un écart de perception entre héritiers. Selon une enquête YouGov citée par la presse, 18 % des Britanniques favorables à la monarchie seraient opposés à la nomination du prince Charles, contre seulement 2 % à l’encontre du prince William. Parmi les sympathisants républicains, 54 % se déclarent défavorables à Charles, contre 28 % pour William.
Des voix républicaines, comme Graham Smith, directeur du mouvement Republic, militent pour qu’Élisabeth II soit « la dernière » monarque et proposent l’instauration d’un président élu, présenté comme non partisan. Smith qualifie l’institution de « antidémocratique » et lui reproche également son coût pour le contribuable.
Les études d’opinion montrent une fragilisation relative du soutien à la monarchie, surtout chez les jeunes. Un sondage du think tank British Future indique que 25 % des Britanniques seraient favorables à la mise en place d’une république après le règne d’Élisabeth II, proportion qui atteint 37 % chez les jeunes.
Face à ces tensions, une évolution interne est envisagée plutôt qu’une abolition immédiate : le prince William, perçu comme plus populaire, a exposé l’idée d’une monarchie « plus agile » et « unificatrice », selon des propos rapportés par le Daily Mail. Le rôle de la couronne dans le Commonwealth fait également l’objet de réflexions, certains pays ayant choisi de rompre ce lien, comme la Barbade devenue république en novembre.

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