Dette du Sénégal : des créanciers obligataires mandatent White & Case, selon Reuters
Un groupe de détenteurs d’obligations souveraines sénégalaises s’est constitué et a choisi le cabinet White & Case comme conseil juridique, rapporte Reuters mercredi 9 septembre. Cette organisation intervient alors que Dakar a lancé un plan de traitement de sa dette et a conclu avec le FMI un accord au niveau des services sur un programme d’environ 2,2 milliards de dollars.

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Un groupe de détenteurs d’obligations souveraines du Sénégal s’est organisé et a mandaté le cabinet international White & Case comme conseil juridique, rapporte Reuters mercredi 9 septembre, citant quatre sources ayant une connaissance directe du dossier. Le groupe compte au moins huit gestionnaires de fonds et se constitue au moment où Dakar prépare le traitement de sa dette extérieure.
Les membres du groupe n’ont pas été rendus publics. White & Case a refusé de commenter auprès de Reuters. La création de cette structure donne toutefois aux investisseurs un cadre commun pour suivre les discussions qui pourraient modifier les conditions de remboursement de la dette souveraine sénégalaise en devises.
Le ministère sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan a lancé le 1er septembre un Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Le gouvernement explique vouloir restaurer la viabilité des finances publiques après l’audit ayant mis en évidence des déséquilibres budgétaires et un niveau d’endettement plus élevé qu’annoncé auparavant.
Le même jour, les services du Fonds monétaire international et les autorités sénégalaises ont annoncé un accord au niveau des services sur un programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit. Cet accord reste soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI, ainsi qu’à des assurances de financement et à des mesures correctrices liées au dossier de communication d’informations erronées.
Des créanciers qui se structurent avant les négociations
Selon Reuters, White & Case a déjà conseillé des États dans des restructurations de dette, notamment l’Éthiopie et l’Ukraine, ainsi que des groupes de créanciers au Liban et au Sri Lanka. Son mandat au Sénégal intervient alors que les investisseurs cherchent à se coordonner face au projet de réaménagement de la dette extérieure.
Le plan présenté par Dakar prévoit un traitement de la dette en devises dans un cadre renforcé inspiré du mécanisme commun du G20, tout en maintenant hors du périmètre annoncé la dette libellée en francs CFA. Le gouvernement affirme privilégier une gestion active de la dette destinée à allonger les maturités, réduire les risques de refinancement et restaurer l’accès aux marchés.
La pression reste forte sur la signature souveraine. Le 4 septembre, S&P Global Ratings a abaissé la note de la dette sénégalaise en devises à « CC » et celle en monnaie locale à « CCC », avec perspective négative. L’agence estime qu’un échange de dette en difficulté ou un défaut sur une partie des obligations commerciales en devises est devenu extrêmement probable si le plan conduit les créanciers à recevoir moins que prévu initialement.
Le FMI attend encore plusieurs garanties
Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a indiqué le 8 septembre devant l’Assemblée nationale que le traitement de la dette était indispensable pour assainir le cadre macroéconomique, tout en rejetant l’idée d’un nouvel ajustement structurel. L’Agence de presse sénégalaise a repris cette clarification au lendemain de sa déclaration de politique générale.
Le ministère des Finances souligne que le déficit budgétaire a été ramené de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025. Les autorités comptent poursuivre les réformes de gouvernance budgétaire, de transparence et de gestion de la dette pour rétablir la confiance des partenaires et des investisseurs.
Le nouvel accord avec le FMI ne donnera lieu à aucun décaissement avant son examen par le conseil d’administration de l’institution. Le Fonds a précisé que l’approbation dépendra notamment de la mise en œuvre de mesures correctrices et de la réception d’assurances de financement suffisantes.



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