Déplacés des bidonvilles de Lagos réclament une indemnisation
Mercredi, à Lagos, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants déplacés qui réclamaient une indemnisation après des démolitions de masse ordonnées par le gouvernement de l’État, provoquant des scènes de tension le long d’une voie publique où les manifestants avaient occupé la chaussée.

SOMMAIRE
Les personnes rassemblées provenaient majoritairement de bidonvilles et ont dénoncé la démolition de leurs logements sans préavis ni compensation ni solution de relogement. Munis de pancartes et scandant des slogans, ils ont exigé que l’exécutif de l’État prenne en charge les familles désormais sans toit et rende des comptes sur la manière dont les expulsions ont été conduites.
Parmi les manifestants, plusieurs ont raconté la perte totale de leurs biens et de leurs lieux de culte. Akintimeyin Iyadily a décrit la destruction complète de sa maison et de l’église dont son mari était pasteur: « Ma maison a été démolie dans la communauté d’Otumara. Mon église a été démolie parce que mon mari en était le pasteur, tout a été démoli avec toutes nos possessions. Nous n’avons plus rien », a-t-elle déclaré.
Intervention policière et justification officielle des démolitions
Les forces de l’ordre sont intervenues après que certains manifestants eurent bloqué une portion de la route, tirant des grenades lacrymogènes pour disperser la foule qui a dû se replier pour échapper aux effets du gaz. Les témoins ont rapporté une atmosphère tendue alors que des familles tentaient d’évacuer la zone pour se mettre à l’abri.
Les autorités de l’État de Lagos ont expliqué que les opérations de démolition s’inscrivent dans des mesures destinées à faire respecter les règles d’urbanisme, à réduire les risques environnementaux et à prévenir les inondations dans des zones considérées à haut risque. Elles affirment que les structures ciblées étaient illégales et représentaient des dangers pour la sécurité publique.
Selon ces responsables, l’action visait à dégager des emprises pour des programmes d’urbanisme et à limiter les installations situées dans des zones vulnérables aux crues, sans toutefois apporter de détails publics supplémentaires sur les critères appliqués ou sur l’existence éventuelle de dispositifs compensatoires pour les sinistrés.
Lagos, principal centre économique du Nigeria, doit faire face à une pression urbaine massive liée à une croissance démographique rapide; des millions d’habitants vivent dans des quartiers précaires exposés aux risques d’inondation et à d’autres aléas. Ces dynamiques contribuent à complexifier la gestion foncière, la planification urbaine et les interventions publiques dans les zones informelles.
Des responsables insistent sur le fait que les structures concernées étaient illégales et posaient des problèmes de sécurité

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